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PUBLIE.PAPIER : le sas entre livres « papier » et epub : appel à mes collègues bibliothécaires…

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Chers collègues bibliothécaires,

je réveille ce blog pour une naissance importante et une belle solution pour les bibliothèques qui souhaitent promouvoir une maison d’édition contemporaine (mais pas que) et se lancer dans le livre numérique auprès de leurs usagers.

Bientôt, début juillet, la coopérative d’auteurs Publie.net, propulsée par François Bon innovera de nouveau et se lancera dans la POD (Print on Demand), avec l’ouverture de Publie.Papier et le partenariat du réseau Hachette Livres.

En quoi ça consiste ? Les livres numériques du site Publie.net deviendront disponibles à l’impression à la demande – une cinquantaine pour commencer sur les 573 du catalogue à ce jour – et seront accompagnés du fichier numérique en epub, téléchargeable grâce à un code. Les bibliothèques pourront ainsi constituer une double collection, papier et numérique et cerise sur le gâteau : auront le droit de télécharger (et non de le consulter en streaming !) le fichier epub du livre sur une liseuse ou une tablette, disponible ainsi pour leurs usagers. C’est une évolution qui j’espère fera des petits… rassurera les éditeurs… C’est sans doute aussi une solution pour la librairie indépendante, permettant, entre autres, une gestion différente du fonds disponible  : Ombres blanches à Toulouse se lance dans l’expérience.

Quelques remarques non-exhaustives sur la nécessité de ne plus attendre pour promouvoir le livre numérique en bibliothèques (merci de compléter dans vos commentaires) :

Le moment est venu, chers collègues bibliothécaires, de repositionner les bibliothèques comme un médiateur vital dans la chaine du livre – garant de la diversité culturelle – en ces temps numériques et démontrer aux « grands » éditeurs que le développement du livre numérique peut passer par les bibliothèques (présentes sur terre depuis environ 3 ooo ans… un peu d’humour…)

Je vous avoue que cette offre Publie.papier me ravit  notamment pour la constitution de collections de livres numériques permettant aux bibliothèques de conserver sur leurs serveurs, les fichiers numériques des livres acquis. Je suis un peu revenu du mirage de l’accès dans le grand nuage.  Je ne pense pas que la conservation du savoir et des connaissances doit être assurée par des sociétés privées tentaculaires, hégémoniques et partiales (Vous voyez de qui je parle !). Les bibliothèques publiques sont des organismes neutres et pérennes garantissant un accès et une mémoire sur le long terme. Je sais que je ne vais pas plaire à tout le monde en parlant de collections de livres numériques mais je ne crois plus au miraculeux nuage où tout serait disponible. Désolé.

Pour mémoire, actuellement, les diffuseurs de livres numériques pour les bibliothèques ne proposent que la lecture en streaming sur écran ou sur tablettes tactiles par crainte du piratage des fichiers (Sauf L’Harmattan et Numilog). On peut comprendre. Certes il n’y a pas de DRM mais quid de la souplesse d’utilisation ! Je veux pouvoir bénéficier des avantages de l’epub même si je ne suis pas connecté ! Selon la qualité de la liseuse en ligne, on perd parfois les meilleures caractéristiques du livre disponibles en téléchargement.

Pensons à nos lecteurs : ceux-ci n’ont pas tous, les moyens financiers  suffisants pour investir dans de coûteuses et éphémères tablettes tactiles ou de moins coûteuses mais tout aussi éphémères liseuses à encre électronique. Il est bon de rappeler que la bibliothèque permet aussi à nos publics les moins fortunés d’accéder aux ressources du savoir. Evidence qui ne l’est plus. Pour les autres lecteurs, on peut comprendre également leur hésitation : quel matériel choisir est une récurrente question que nous posent nos usagers !

Il est temps, chers collègues bibliothécaires, de se lancer dans des expérimentations en créant des espaces de découverte de la lecture numérique comme le NUMERILAB qui vient d’ouvrir à la Médiathèqe de Saint-Raphaël au sein du réseau MEDIATEM ou encore l’expérience Tab en Bib en Midi-Pyrénées… Allez voir… Il faut dépasser la phase « gadget technologique » pour nous recentrer sur nos sujets de prédilection : le développement de la lecture publique (qui est numérique aussi dorénavant), de la musique numérique (music me dans le Haut-Rhin) et de la VOD. Bref, continuer à assumer nos missions ancestrales : préserver la diversité d’accès à tous les types de ressources et de savoir.

Lire en streaming nécessite une connexion à Internet (coûteuse). Le téléchargement de livres numériques sur tablettes ou liseuses permet une lecture sans connexion. D’autre part, allez-vous sérieusement lire A la recherche du temps perdu sur l’écran de votre pc, mac ou autres portables ? Pour lire, de la littérature ou même d’indigestes rapports administratifs (pléonasme), nous avons besoin d’un certain confort. Et c’est peut-être cela que les lecteurs sceptiques envers la lecture numérique reprochent à la lecture sur écran ou sur de lourdes tablettes. Les livres ont cette faculté particulière : vous pouvez faire le poirier avec si vous le souhaitez (peut-être pas avec l’Universalis ! ), ou vous affaler partout : du canapé au pré proche de la rivière (Oh c’est beau !). La lecture nécessite une position confortable du corps.

Enfin, je deviens de plus en plus un adepte des liseuses électroniques qui sont des outils spécifiquement dédiés à la lecture. Je pense que proposer une offre de livres numériques sur un portail de bibliothèque ne suffit pas. Il faut accompagner, faire de la médiation vers ces nouveaux outils, démontrer que ce ne sont pas de jolis joujous technologiques mais de formidables petits appareils permettant d’annoter, rechercher et puis, lire aussi, et transporter facilement sa bibliothèque dans sa poche. La médiation peut passer par des animations avec les liseuses (lectures à haute voix), un renouvellement de notre antique club de lecture, la création de concours de lectures numériques avec ateliers d’écritures numériques, que sais-je encore ?

Les tablettes tactiles permettent la connexion à Internet pour faire de la lecture numérique mais aussi tout autre chose : lire son courrier, participer à un réseau social, jouer, découvrir des applications, se laisser distraire par des vidéos, ou les tweets humoristiques de vos amis. Notre attention est sans cesse mise à l’épreuve. Les expériences en cours (Numerilab et Tab en Bib) permettront de dire aussi les usages de nos publics. Vont-ils se servir des tablettes comme de simples accès à Internet, les tablettes remplaceront-elles les désormais vieux postes d’accès de l’espace multimédia ? 😉

Voilà quelques remarques d’un praticien… ne prétendant pas à l’exhaustivité… nous sommes dans une période de mutation très perturbante car elle nécessitera une reformulation totale de l’offre de formation continue de nos métiers, et une réorganisation de nos espaces, de nos services et de notre management d’équipe.

Je salue donc ce magnifique travail proposé avec ce PUBLIE. PAPIER. Et ce qui est toujours intéressant avec cette équipe là, c’est que vous pouvez suivre la naissance de ce nouveau projet, régulilèrement, en suivant le journal de bord.

A vous de jouer maintenant… C’est simple ou presque…

Franck Queyraud

Promouvoir en bibliothèque en 2011, la musique, des recommandations de bibliothécaires, du livre d’artiste ou des arts numériques ou faire de l’encyclopédisme : une journée d’étude le 15 décembre

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L’Association des Bibliothécaires de France groupe régional PACA (que je préside depuis peu) organise une journée d’étude intitulée :

« Retour d’expériences (épisode 1) : Web, bibliothèques et nous…   »

Médiathèque de Saint-Raphaël––Place Gabriel Péri – 83700 Saint-Raphaël

le jeudi 15 décembre 2011

Dans cette journée, il s’agit CONCRETEMENT de montrer des expériences numériques qui sont en cours ou ont eu lieu autour de :

* la musique avec l’expérience sur la musique en streaming développée en Alsace à l’initiative de la BDP du Haut-Rhin et de Xavier Galaup (Président de l’ACIM) : comment continuer à proposer une offre musicale en bibliothèques alors que les individus ont ou vont avoir la possibilité avec leurs abonnements téléphoniques, de télévision ou du web de se passer totalement de nous ? Dommage, non ? Diversité musicale, action culturelle, découverte et conseils… à la trappe ? Quel bilan peut-on tirer de cette expérience alsacienne ? Doit-on généraliser ce modèle ? Nous accueillerons Bruno Neveu, bibliothécaire musical à la Médiathèque de Guebwiller (68), un des animateurs de cette initiative remarquable…

9h30 Présentation de Music Me, offre de musique numérique dans les bibliothèques alsaciennes  par Bruno Neveu, bibliothécaire musical – Médiathèque de Guebwiller (68) suivi d’ échanges avec le public

* Comment faire participer nos usagers  à la vie de nos catalogues de bibliothèques, donner un peu de vie, de clarté (si j’ose dire) à nos OPAC très, trop stricts : titre, auteur, éditeur, lieu d’édition… Même si la description bibliographique est indispensable et condition pour accéder aux ressources, il nous faut désormais développer la participation des usagers et leur permettre de partager, par exemple, leurs coups de coeur (mais pas seulement !) sur nos outils,  pour enrichir nos catalogues, faciliter les recherches et le partage de la connaissance. Tout reste à inventer encore. Renaud Garcia, le créateur du moteur de recherche sensitif Culture Wok, viendra nous présenter ce nouvel outil qui pourrait être associé à nos portails de bibliothèques, être un outil pour développer une vraie relation avec nos usagers. Là encore, nous devrons être dans l’invention dans les années à venir : quelle forme renouvelée au club de lectures, au club d’écoute musicale… ? Comment partager entre professionnels et usagers autour des courants de la vie culturelle ?

10h45 L’univers Culture Wok : faire participer nos usagers à un moteur de recherche sensitive par Renaud Garcia (créateur de Culture Wok) suivi d’échanges avec le public

* L’encyclopédie Wikipédia est devenue en quelques années, un nouveau lieu phare de l’encyclopédisme, un modèle aussi de participation collective, non exempte de critiques ou de polémiques, mais malgré cela, elle s’est imposée. Hervé Goldberg de Wikimédia France viendra évoquer les projets de wikimedia, et les partenariats liés autour de ces projets avec des bibliothèques et des établissements similaires et nous dressera un bilan de ces partenariats. On pourrait penser un peu rapidement qu’avec le numérique, les bibliothèques ne sont plus des lieux où chercher de l’information : le numérique nous donne de nouvelles portes d’accès jusque là cachées ou difficilement accessibles au commun des mortels ! A nous, les professionnels de l’information, d’organiser et de signaler les nouvelles ressources et participer aux projets de Wikimédia, par exemple.

14h L’encyclopédie Wikipédia dans les bibliothèques : expériences par Hervé Goldberg de Wikimédia France  (Précisions à venir) suivi d’échanges avec le public

* Enfin, la journée se terminera par l’intervention d’Alexandre Simonet qui travaille à la bibliothèque Carré d’Art de Nîmes et qui a su renouveler le monde du livre d’artistes en l’adaptant au numérique avec l’expérience Kiibook . J’ai consacré un billet et une interview à ce travail, je vous invite à relire ici. Alexandre nous parlera également projets autour des arts numériques et de cartographie culturelle… Là aussi, à nous d’explorer le web et de présenter à nos publics, des initiatives qui sont parfois un peu perdues sur le Web.

15h30  De l’art numérique en bibliothèque une chance pour le web 2.0 : Kiibook (livres d’art numérique) et cartographie culturelle par Alexandre Simonet, Chef de projet prospective et médiations, arts et cultures numériques au Carré d’Art bibliothèques de Nîmes suvi d’échanges avec le public

Cette journée est le premier épisode d’une série consacrée à des retours d’expériences concrétes dans les bibliothèques. La prochaine aura lieu en 2012 autour de la médiation numérique, de la recommandation et des livres numériques. Date et lieu seront précisés prochainement.

Pour vous inscrire, il reste encore des places, c’est ici.

Je remercie ici les intervenants pour leur future participation. Un grand merci également à nos partenaires (Région, Drac PACA, BDP13) et bien entendu, à la Ville de Saint-Raphaël qui nous accueille une nouvelle fois pour une journée qui s’annonce passionnante et au coeur des préoccupations de notre profession en version bêta perpétuelle !

Franck Queyraud

Président ABF PACA
Coordinateur du groupe ABF Bibliothèques Hybrides