Masse Critique Babelio

L’économie est un jeu d’enfant de Tim Harford (Babelio #massecritique)

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Tous les ans, j’ai un pincement au cœur quand j’entends que l’on remet un prix Nobel à un économiste ! Rassurez-vous, cela m’arrive également pour le Prix Nobel de la Paix ! Les choix de la noble Académie de Stockholm sont parfois guidés par d’étranges murmures – non, non,  je n’ai pas dit : intérêts. Je sais, j’exagère. Cela ne changera rien de l’écrire ici. Et puis, ce n’est pas tout à fait exact, j’ai été heureux au moins une fois dans ma vie, lors de la remise d’un prix Nobel d’économie ! En 2009, lors de son attribution à Elinor Ostrom et Oliver Willliamson pour leurs travaux autour de la gouvernance économique et les principes des biens communs. Mais ces théories sur les biens communs ont plus à voir avec les littératures de l’imaginaire qu’avec cette pseudo-science entièrement dédiée à la réussite du système économique mondial actuel et à la croissance de la croissance éternelle. En ce weekend de Pâques, j’allume un cierge aux Fmi et à tous les économistes qui font notre bien-être sur cette planète !

En disant cela, je vais aussi me mettre à dos encore pas mal de gens comme moi, passionnés par les utopies et qui ont également dû mal à comprendre qu’entre les idées et le réel, il y a un gigantesque gouffre. Mais, on peut vivre dans le monde des idées. Au moins cela, on ne peut guère nous l’enlever. Je vous rassure, je ne suis pas devenu cynique, blasé… je reste un indécrottable optimiste et j’ai foi (même si j’ai souvent mal) dans la nature de l’être humain à condition qu’il soit éduqué, doué de raison et… etc… Mais, au final, ce que je crois, moi, pour le devenir d’un monde meilleur basé sur la paix, le respect, la connaissance, la tolérance…  bref, ce que je crois, moi, n’a aucune importance. Ce monde ne vit pas avec nous, ceux qui ont de telles idées. Je suis du camp des rêveurs (eux, ceux du monde réel, nous appellent les losers).

Bien sûr, il est toujours redoutable de se déclarer contre. C’est négatif. Il faut être positif. Mais c’est ainsi, j’ai un peu de mal à saisir comment les travaux des récipiendaires du prix Nobel d’économie peuvent profiter à l’humanité (c’est ce critère principal qui déclenche normalement l’attribution du prix). Bref, je le reconnais, je suis un ignorant. Mais je me soigne. J’essaie de lire, de comprendre, d’être à moitié convaincu…  d’être positif… aussi j’ai accepté la proposition de Babelio : recevoir, lors de l’opération masse critique, l’ouvrage de Tim Harford intitulé : L’économie est un jeu d’enfant, traduit en français aux PUF, en ce début d’année 2016. Un livre qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde selon la quatrième de couverture. C’est certain, les clés du nirvana me sont offertes.

Oui, le style est enlevé, c’est accessible et ludique. Car, en plus, d’être positif désormais, il faut accepter une mission : il faut que tout soit ludique (un autre mot pour : aseptisé ?). Extrait ludique :

« Rappelez-vous : nous avons estimé à 5 % le risque de trouver un œuf pourri en choisissant au hasard dans le panier. Autrement dit, dans la première boite de six, le risque d’un deuxième œuf pourri n’est que de 3%. Le TAC est donc composé avec une probabilité de 3% pour qu’il y ait des œufs pourris. Le risque que l’un de ces œufs  soit pourri est d’environ 18%, et le risque d’un deuxième oeuf pourri est d’environ 1,5 %. Le TAC de TAC est composé d’oeufs ayant une probabilité de 1,5 % d’être pourris, et le risque… »

Là, j’ai un peu décroché. Je suis encore désolé de dire que j’ai beaucoup de mal à comprendre quoi que ce soit à ce genre de livre (vous avez lu en entier, vous, et compris le dernier Piketty ?). J’ai bien conscience en écrivant ce résumé de ma lecture que ma négativité va se retourner contre moi. Sont sympas les PUF de m’avoir envoyé le livre pour que je le commente.

Une pointe d’humour, vous sentez ? (pour être ludique, j’essaie de le dire à la façon de maitre Yoda, notre vénérable maitre à tous).

Bref, sérieusement, que pourrais-je vous dire de plus sur ce livre, qui est vraiment : didactique (gloire au marché), écrit avec un style alerte, drôle et ludique (voir extrait plus haut)…. je vous sens sceptique… ce modeste blog est lu en principe par des bibliothécaires : donc mon message, final, est : oui, vous pouvez acquérir ce livre pour votre fond économie (dans les généralités de la 330 de notre Dewey) mais surtout, en plaçant à ses côtés, d’autres livres : des livres sur les biens communs ou sur la décroissance (pour que l’usager – citoyen, emprunteur en bibliothèque – se fasse une véritable opinion).

Allez, j’y crois à ces idées sur les biens communs…. même si je taquine mes petits camarades utopistes. L’auteur, quant à lui, si j’ai bien compris, n’y croit pas, pas du tout. Il croit au marché. Comme grenouilles qui coassent… Moi qui suis crapaud fou (voir Dujol, 2009), je vais retourner vers mon journal de rêveur : La décroissance. Et, je sais que je ne vous convaincrai plus en vous disant que je ne suis pas blasé ou cynique… mais ainsi, vous vous rendrez compte de ce que m’arrive quand je lis un livre sur l’économie… c’est pareil quand j’écoute France Info…

Optimistement votre,

Silence

Merci aux PUF pour l’envoi de ce livre et à Babelio pour la proposition de lecture… Sur Babelio, vous trouverez d’autres critiques de ce livre.

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Un dictionnaire Lascaux qui interroge nos manières de conserver…

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En 2009, un bibliothécaire est soucieux de se déplacer sur les réseaux informatiques à la poursuite d’un eldorado de documents et de ressources inédites.

Il est aussi soucieux de proposer à ses lecteurs, usagers, ou internautes ces ressources et les pistes de ses pérégrinations sur les sites Internet, découvrir des grottes enfouies sur des serveurs non indexés !

Depuis les premières bibliothèques grecques, il est plus que jamais soucieux de mémoire et de conservation de cette mémoire : nombre de sites Internet apparus dans les années 90 ont disparu à jamais, bien avant la mise en place du dépôt légal de l’Internet en 2006.

On peut considérer le net comme le règne de l’immédiateté, de l’inutilité, du moment présent.  Pourtant, un bibliothécaire de 2009 ne peut pas raisonner ainsi, on l’entend parfois ce raisonnement « claustrophobe ?  » parmi les collègues désabusés peut-être face à la masse de l’information disponible.

C’est une de nos missions que de garder trace de ce qui fut… pour nos enfants, petits enfants et générations du futur.

Traces, mémoire, racines…

Ouvrir le dictionnaire de Lascaux de Brigitte et Gilles Delluc (Editions du Sud-ouest, 2008), c’est compulser, de nouveau, la mémoire des hommes, des premiers hommes.  Ces dessins ? Simples cartes de chasse ou naissance de l’art, la question reste en suspens selon l’angle de vue que l’on aborde.

C’est aussi s’interroger sur la manière de conserver les traces du passé.

Découverte en 1940, la grotte de Lascaux qui avait gardée intact pendant des millénaires les premiers dessins des hommes fut fermée 23 ans plus tard, le 17 avril 1963 à la demande du ministre des Affaires culturelles, André Malraux, pour cause de pollution.  Vingt ans plus tard, en juillet 1983, une reproduction à l’identique de la grotte (Lascaux II) fut ouverte pour permettre la transmission au grand public de cet inestimable trésor.

Avec plus de 500 entrées, ce dictionnaire nous propose quelques heures de pérégrinations pour tout savoir sur ces premiers hommes… et réfléchir – c’est la piste que je vous propose ici – à nos claustrophobies vis à vis des espaces confinés… grottes ou Internet !

Silence

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Cette critique est publiée dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio qui permet de partager vos lectures avec d’autres lecteurs.

Ne lisez pas ce livre !

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Ne lisez pas ce livre !

Lequel ?

Petites leçons sur le grec ancien de Jacqueline de Romilly et Monique Trédé, paru aux éditions Stock en 2008.

EXE Petites leçons de grecs

Ne lisez pas ce livre !

Drôle d’injonction pour un billet qui voudrait d’abord faire une critique dithyrambique sur son écriture : parfaite, limpide.  Patientez un peu, et je vous dirai, pourquoi il ne faut pas lire ce livre. Continuons !

Ce qui fait de cette lecture, une joie ? C’est la jubilation de son auteur, professeur mondialement reconnu de grec ancien, membre de l’Académie française, pour nous communiquer sa passion, la passion de sa vie,  sur cette langue dite ancienne.

 » On ne célèbrera jamais assez les mérites de la culture de la Grèce ancienne et l’influence que cette culture a exercée sur la nôtre « . Et puis,  » La langue grecque présente en effet cette particularité de n’avoir jamais cessé, depuis la plus haute antiquité, de se répandre à travers le monde entier, sans être jamais imposée par une autorité politique quelconque.« 

Il peut paraître incongru aujourd’hui d’apprendre une langue que l’on qualifie avec un peu de mépris de morte. Au contraire, Jacqueline de Romilly et sa collègue Monique Trédé nous montrent la persistance de cette langue malgré la disparition de la civilisation grecque ou encore l’omniprésence des mots grecs dans notre langage de tous les jours (le bio mis à toutes les sauces, si l’on peut dire ainsi), enfin, l’influence de la pensée grecque qui diffuse depuis plusieurs millénaires ses effluves sans que nous nous en rendions toujours compte dans les modes de pensée et de fonctionnement de nos démocraties.

Les deux premiers chapitres restituent tous ces apports et lancent aussi un appel :  » depuis un demi-siècle, dans bien des pays, une crise touche les études classiques. Elle est grave, et dangereuse. Nous sommes nombreux à nous élever contre cette crise qui ne relève, en réalité, que de l’organisation de l’enseignement ; car, dans l’opinion, le grec a les faveurs de la plupart. Il faut donc lutter, et lutter fermement ! Si nous semblons entrer dans un nouveau Moyen Age, si les spécialistes de langues anciennes, de plus en plus rares aujourd’hui dans nos Universités, évoquent irrésistiblement les copistes du XIIIème siècle ardents à maintenir la flamme derrière les grilles des monastères,  nous pouvons au moins espérer que, tout allant plus vite que par le passé, la crise sera brève et bientôt révolue.« 

Le grec ancien en a vu d’autres !  » On ne peut que rester confondu devant la force de diffusion qu’a montrée cette langue à travers tant de crises et de renaissances.« 

Enfin, tous les chapitres suivants sont là pour nous démontrer subtilement comment cette langue allie précision et beauté. Les deux auteurs ne sont pas là pour asséner un quelconque baratin de chaland ! Vous sortez de la lecture avec une seule envie : apprendre le grec ancien.

Au début de cette chronique, je vous disais : ne lisez pas ce livre ! Vous savez pourquoi maintenant. C’est à vos risques et périls… Si toutefois, vous persistez dans l’idée d’apprendre un peu de grec, rendez-vous ici.

Silence

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LIVRES A ADOPTER : c’est le retour de Masse critique 3 de Babelio

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Blogueurs lecteurs bibliothécaires, l’opération Masse critique 3 a encore des livres à vous proposer…

On lit, on écrit un commentaire sur le livre, on publie simultanément sur notre blog et sur Babelio la critique du livre.

Simple, non ?

Pour les contacter, cliquez vite ici

Silence

« Jusqu’à Tombouctou » un carnet de voyages de Michel Jaffrennou et Henri Gougaud ou un livre sur la diversité culturelle en action

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Qu’ont en commun la chaine franco-allemande Arte, le magazine Mondomix, les radios France Culture, France musique(s), TSF ou FIP, les éditions Frémeaux associés et leur librairie sonore… avec Michel Jaffrenou et Henri Gougaud, auteurs du livre « Jusqu’à Tombouctou » publié par les éditions d’Arte et celles du Point d’exclamation ?

Ils sont tous des militants actifs et convaincus de la promotion d’une diversité culturelle en actes plutôt que de paroles. Diversité culturelle : expression grandiloquente, à la mode, que l’on emploie partout à tort et à travers, dans les discours, mais dont on voit finalement si peu la réalisation concrète… En ces temps de menaces sur les politiques culturelles, tous ces acteurs cités plus haut, créent des micros résistances au conformisme consensuel ambiant.

Ainsi ce carnet de voyages dessiné, collé, écrit de Michel Jaffrennou : Jusqu’à Tombouctou, avec des textes du conteur Henri Gougaud. Ce carnet n’est qu’un élément d’un projet plus vaste : la réalisation d’un film autour de trois musiciens africains :

« Les trois grands artistes maliens, Habib Koité, Afel Bocoum, et le groupe de femmes Tamasheks Tartit, ont décidé de créer le groupe « Desert Blues », pour chanter l’union du Mali, dans la diversité de tous ses peuples. La réunion sur une même scène de 3 artistes issus d’ethnies différentes – Bambara, Songhai et Tamashek – représente un véritable symbole au Mali, un pays où les sècheresses provoquent des affrontements civils.

Pour créer un univers visuel qui rende compte de leur parole, de leur imaginaire, de leur humour, l’artiste et réalisateur Michel Jaffrennou (voir son interview) est allé à leur rencontre, de Bamako à Tombouctou, dans le pays mandingue, sur les rives du fleuve Niger… Dans ses carnets de voyages il a dessiné le soleil, le sable, le fleuve, des djinns et des génies… Il a ramené la lumière et la magie du Mali pour devenir leur « griot » des pixels, pour concevoir des images qui s’entrelacent avec la musique et se métamorphosent pour nous faire voyager dans la poésie musicale de Desert Blues. »

Le livre « Jusqu’à Tombouctou » est donc un des éléments (avec le film, le DVD, le spectacle) de ce travail qui a duré pendant plus de deux ans. Il réunit les dessins et les réflexions de l’auteur auquel il associe des contes africains de Henri Gougaud.

Marc Bénaïche, le responsable de Mondomix écrit ailleurs dans l’éditorial du magazine de mars 2008 :

«  Notre société est tellement obsédée par l’individualisme que nous sommes devenus une société de narcisses qui s’abiment dans la contemplation de leurs propres images, et qui atteint profondément la gouvernance même de notre société. Force est de constater que le narcisse supporte mal l’intérêt général, il y voit une entrave à son bien être et à sa sublimation. Le narcisse aime critiquer les initiatives collectives et solidaires qui par définition sont « mal gérées » et « dispendieuses ». Le narcisse veut liquider ces initiatives car elles le renvoient à son propre égoïsme. Aujourd’hui, une profonde remise en cause de notre système social et culturel est en cours. Et même si tout le monde est d’accord pour que l’État soit plus efficace, moins coûteux et mieux géré, pourquoi tuer des initiatives généreuses et si peu chères ? »

Ce livre n’est pas un livre de narcisse mais il illustre à merveille ce proverbe africain cité dans l’éditorial de Mondomix :

« Si tu veux aller vite, marche seul

et si tu veux aller loin, marche avec d’autres ! »

jusqu’à Tombouctou… par exemple…

Silence

Cette critique est publiée dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio.