Facebook

De l’utilisation des outils Web 2.0 : tel un trader qui regarde défiler les chiffres sans cesse changeants…

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Petit état de l’art de mes usages des outils dits 2.0

De plus en plus, sans m’en rendre compte, j’ai utilisé mon profil Facebook comme on peut utiliser un blog : faire état régulièrement de mes flâneries sur le réseau. Gros avantage de Facebook : savoir que je m’adressais au minimum à « mes amis », mon réseau social constitué de personnes dont je connaissais le visage, et parfois, souvent, que j’avais rencontré dans la « vraie » vie ! Cela changeait des billets du blog qui devaient être lus – des statistiques l’attestant – des commentaires le démontrant… mais par qui ?

Anonyme blog et Facebook vivant… raison de son succès fulgurant ?

D’autres outils, je testais  : delicious,  machin + bidule, et twitter, évidemment et ses flux incessants… difficile à suivre, enfin, pour moi… difficile de concentrer mes tentatives de penser en 140 caractères, résumer en un message pertinent… Fils de discussion, morceaux de tchats… j’abandonnais, revenant de temps en temps sur twitter, pour voir, pour savoir quels étaient les sujets en discussion…

J’avais relié pourtant, j’ai toujours ce twitter relié avec mon compte Facebook et mon compte Friendfeed. Pour publier sur mon facebook au boulot bloqué par proxynator, je passais par twitter qui, sagement, allait parsemer mon profil.

Dans ce maëlstrom d’outils et de sites, j’en vins même à installer une plateforme de mutalisation de tout mes comptes et de tous ses outils, ne m’y retrouvant plus en définitive, tenant une liste infernale de mots de passe que j’oubliais implacablement. J’expérimentais alors Yoono… ce fût l’explosion… les informations du monde, les flux me parvenaient en permanence. Tel le trader qui regarde défiler les chiffres sans cesse changeants, les paroles de chacun arrivaient… Je n’arrivais plus à me concentrer sur ce que je faisais… parce qu’évidemment, les paroles qui émanaient de mes amis me distrayient, m’emmenaient vers d’autres pistes. Et petit à petit, les chemins enchevêtrés me firent perdre le nord.

Mince… Simplifions, me dis-je ?

Ah ce Facebook, tant décrié.  😉 😦     Facebook, pays des smyleys ; contrée des j’aime, j’aime plus. Bref, j’ai délaissé ce blog… infidèle. Pris par la facilité de recenser rapidement mes découvertes, je n’écrivais plus ici. Ai de nouveau envie d’écrire, de synthétiser toutes ces expériences hétéroclites.

Donc, voilà où j’en suis, aujourd’hui :

un Google reader, un agrégateur de flux RSS,  pour suivre l’actualité quotidiennement et faire une veille personnelle, même si ensuite, elle devient partagée (Chaque outil devenant dorénavant un réseau social) ;

un netvibes, d’abord privé puis public, pour une veille publique. Cette présentation sous forme de widgets que je trouve si pertinente pour présenter des fils d’Ariane de manière très graphique pour le grand public ;

un profil Facebook pour partager des découvertes au fil de l’eau, garder des contacts, prendre des nouvelles de ses amis, effectuer une veille publique avec et pour ses amis…

Un profil Facebook aussi pour mélanger des cercles d’amis disparates, mélanger les étiquettes qui finissent toujours par nous coller à la peau (geek, discothécaire, auteur de BD…) au lieu de voir la personne dans sa totalité ;

Un profil Facebook (même si il y a trois fois un profil facebook, je parle toujours du même 😀 et hop un smiley !) pour l’aspect « fan ». Quel fabuleux outil pour créer la page des amateurs d’un auteur… Travailler sur ces pages, comme si l’on créait une bibliographie exhaustive (réflexe ancestral du bibliothécaire – fichiers, listes – penser, classer, ordonner). Désirs de précisions…Otletiser ? Otletiser = vouloir, désirer, souhaiter ( 😉 !)… organiser tout le savoir du monde… ou du moins une partie…

Utilisation d’un blog pour causer des révolutions de notre profession et d’autres blogs pour parler de ses passions artitistiques, littéraires

Participer à des aventures collectives comme Wikipédia…ou Babelio

Lire des oeuvres contemporaines et d’emblée numériques sur publie.net

Et, besoin vital, dans ce dédale foisonnant et passionnant, de relire aussi, en plus des blogs, les classiques de notre profession pour imaginer un nouveau modèle de bibliothèque : hybride ou pas. Lire Eugène Morel, des histoires de bibliothèques, des cercles de la librairie, pour se confronter à ce qui se passe en ce moment, ici et maintenant…

Ecrire sous son nom propre ou avec un  pseudo… sans désir aucun d’égotisme… juste le souhait de partager, de dire, de demander : et vous, et vous, qu’est-ce que vous en pensez ?

Et vous, où en êtes vous avec ses outils dits 2.0 ? Vos veilles ? Vos désirs de bibliothèques ?

Bien à vous,

à suivre, donc…

Silence

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Misère de la librairie face aux supermarchés de la culture…une

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Aujourd’hui, 18 novembre 2008 sur Facebook, Thierry Guichard (du Matricule des anges) « se demande ce qu’il faut faire pour que les librairies commandent en masse Le petit traité d’éducation lubrique (de Lydie Salvayre, paru aux éditions Cadex) qui rend nos vies sexuelles plus épatantes. »

Cela fait des semaines que j’ai envie d’écrire un billet d’humeur sur les librairies, où plutôt sur ce qu’elles sont devenues…

Alors, cette petite réflexion parue sur le mur facebookien de TG se prête bien à mes humeurs maussades et massacreuses…

Moi aussi, je l’ai cherché ce bouquin !

Je me suis dit, bon, les libraires ne connaissent pas les éditions Cadex, passe encore. Encore que…

Mais, qu’ils n’aient pas commandé le dernier bouquin de Lydie Salvayre, un auteur qui se vend c’est à n’y rien comprendre…

Faut dire que dans ma petite bourgade du sud de la France, nous ne sommes pas aussi bien achalandés que les heureux habitants fréquentant les Sauramps de Montpellier, les A plus d’un titre de Lyon ou la merveilleuse Dérive de Grenoble qui vient de fêter ses 30 ans. Là, je cite des librairies où le livre et les auteurs règnent en maîtres car le libraire n’a pas oublié son métier. Des librairies où l’on peut se perdre ou encore trouver ce dont on a besoin quand on en a envie.

Car, dans les autres librairies, que constate-t’on ? De plus en plus d’amas de poupées de politiciens à transpercer d’aiguilles, des livres présentés comme des légumes dans des cagettes ou toutes ses âneries de bandes dessinées soi-disant drôles sur les prénoms ou autre rayon ensoleillé de BD… La BD ça est marrant !

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Alors quand on cherche le dernier bouquin de Lydie Salvayre, un classique comme  Bouvard et Pécuchet (Du fonds, monsieur, on peut vous le commander !) ou encore la dernière bande dessinée de Stéphane Blanquet, on ne les trouve pas… Limite, on me regarde avec des gros yeux… Y veut pas m’acheter le dernier Fermine plutôt, parce que j’en ai une sacrée pile !

Parce que quoi ?

Le librairie surnage dans les offices qu’on lui impose, dans les cartons de livres à déballer, les mises en valeur des inestimables livres – pas du tout coup éditorial pour faire de la tune mais vraie rencontre entre artistes rebelles qui souffrent  j’ai nommé BHL versus MH – ce genre d’âneries, vous voyez… je me moque, c’est un peu facile, vous en conviendrez… il suffit de passer la porte…

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Choix… stratégies des maisons d’éditions… Nos pauvres libraires ne font plus leur métier à cause des factures à payer, des offices qui n’arrêtent plus… fuite en avant dans le tonneau des danaïdes de la consommation… produire, produire… est-ce que ca se vend, toutes ces choses qui encombrent une librairie ?

Sans doute…

Je ne suis pas libraire…

Avant que d’être un acheteur un peu particulier (un bibliothécaire), je suis en premier lieu un amoureux de la librairie et du travail des libraires. Celui qui conseille, qui fait des choix… Pendant plus de 20 ans, une librairie spécialisée en philosophie (Le sphinx) à Grenoble a refusé les offices et elle existe toujours… On y trouve toujours des merveilles…

Comment allez-vous faire, chers libraires, pour résister à Amazon dans cette course poursuite ? A coup sûr, Amazon est la tortue…

Comment allez-vous faire, chers libraires, quand Google va recevoir dans quelques jours la bénédiction juridique de sa numérisation sauvage d’ouvrages  (Google books) ? Ce sera un sacré changement, cette autorisation… la fin d’une époque !

Comme nous, pauvres bibliothécaires que nous sommes, vous allez  perdre vos derniers usagers face aux possibilités de l’internet et de son offre en ligne qui ne s’arrête jamais de croître.

A moins de…

réagir… de faire ce que vous savez faire…

vendre du livre et pas des emballages qui ressemblent à des livres

proposer davantage de conseil, de la médiation en stoppant toutes ces mises en place de produits manufacturés…

pour revenir à une librairie riche en conseils et nous, à des bibliothèques conviviales, tout  autant dispendieuses de promesses et de découvertes.

Les quelques librairies que j’ai citées plus haut le font… Un librairie, Le Bleuet, perdue en Provence le fait déjà à Banon  (04), village de 878 hbts avec une librairie de 100 000 ouvrages ! Les raisons de son succès ? « Le bouche à oreille dû à un fonds sans cesse en constitution », estime le libraire. « Les gens savent que je développe les collections à fond », dit-il, citant en exemple Babel (Actes Sud, 600 titres), les Cahiers rouges (Grasset, 300 titres) ou encore la prestigieuse collection de la Pléiade. « Je laisse aussi du temps au livre. Contrairement à d’autres librairies où ils sont renvoyés à l’éditeur au bout de trois mois, les livres peuvent rester chez moi quelques années« .

Et si on remettait en valeur le livre ?

Nous sommes responsables en allant acheter nos livres n’importe où, dans les supermarchés de la culture qui petit à petit détruisent la poule aux œufs d’or (Livres qui sont pourtant protégés par une loi sur un prix unique )

A ce jour, je ne l’ai toujours pas mon Lydie Salvayre !

Je viens d’aller le commander chez Bibliosurf… c’est un libraire en ligne, un anti-amazon… un début de solution, sans doute…

Fin temporaire de ce billet d’humeur…

Ajout « positif » du samedi 22 novembre 2008 : une libraire qui expérimente…

« Il y a quelques mois, ActuaLitté s’est fait l’écho de l’idée originale de Danièle GAY, libraire de son état dans le petit village charentais de Saujon (Charente Maritime). Dans la librairie « Lignes d’Horizons », sur la Place de l’Eglise, à deux pas de la Seudre qui coule ses eaux tranquilles vers le bassin de Marennes-Oléron, Danièle a décidé de ne pas rester tranquille du tout et déploie toute son énergie pour faire partager sa passion des livres et de la lecture. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée de créer un Prix Littéraire ! Un autre ? Encore, direz-vous ! Ben, oui ! Mais un Prix un peu particulier. Écoutez plutôt… » Voir la suite sur l’excellent site Actuallité.

Ajout du vendredi 28 novembre 2008 : des libraires qui réfléchissent…

Accueillir le numérique ? Une mutation pour la librairie et le commerce du livre est un blog,  » fruit d’un travail de plusieurs mois d’une commission réunie par l’ALIRE (Association des librairies informatisées et utilisatrices de réseaux électroniques) et le SLF (Syndicat de la librairie française). Point par point, ses auteurs répondent aux grandes questions posées par le développement de l’édition électronique et identifient les défis qu’elle lance aux professions du livre« .

« Pour le livre également, la révolution numérique est en marche. Les libraires français en sont bien conscients et n’entendent pas en rester des acteurs passifs. »

Leur rapport de trouve donc sur ce blog et tente de répondre aux questions suivantes : «  Comment permettre aux libraires de jouer un rôle concret dans le nouvel environnement du numérique ? Y a-t-il un risque de voir disparaître certains prescripteurs traditionnels ? Quel sera l’impact de la numérisation sur l’enrichissement des fonds et sur l’élargissement de l’offre éditoriale ? Comment les auteurs eux-mêmes envisagent-ils l’arrivée du numérique ? Autant de questions posées à tous les acteurs de la chaîne du livre – auteurs, éditeurs, diffuseurs, distributeurs et libraires -, qui ont tout à gagner à accompagner, en douceur, la mutation de leurs métiers en concertation avec les organisation professionnelles et interprofessionnelles qualifiées. « 

Juste une remarque – mais on a l’habitude – les bibliothécaires ne sont-ils pas des acteurs de la chaine du livre ?

Silence

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(Les photos ne sont pas des montages mais le reflet d’une triste réalité… de la barquette, de l’emballage.. mesdames, messieurs, approchez, il est bon mon fromage !)

Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls !

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Dans son uchronie nommée « 1984« , Georges Orwell avait imaginé une société totalitaire contrôlant la vie privée des membres de la société au moyen d’un écran, le télécran, sorte d’œil violant en permanence l’intimité de l’individu, système largement popularisé par la figure tutélaire de BIG BROTHER (is watching you). J’ai déjà évoqué ce thème du Grand Frère sur ce blog.

Orwell s’est trompé en partie : oui, la société a une tendance « paranoïaque ? » à imaginer des systèmes de contrôle de ses membres. C’est parfois nécessaire dans le cadre du terrorisme ou autres malversations de la vie en communauté. Ce qu’Orwell n’avait pas pensé, c’était l’arrivée d’Internet et encore moins celle des réseaux sociaux. Facebook, MySpace et autres affidés sont une mine de renseignements, du moins je le suppose, pour les services de police du monde entier. Un paradis de l’indiscrétion basé sur le volontariat. Si le projet  de fichiers Edvige n’a pas fait florès, le principe de récupérer des informations sur nous est facilité par toutes ces informations que nous laissons de notre plein gré. Nous sommes Big Brother. Les réseaux sociaux comme Facebook, MySpace sont les télécrans imaginés par G.O. Nous y allons sans broncher. Go !

La sphère de la vie privée et de l’intime a tendance à se réduire à peau de chagrin. Je réalise actuellement une petite enquête sur Facebook. Je publierai prochainement un billet  sur les avantages et les inconvénients de ces réseaux. Je suis étonné par une chose en postant des demandes d’amis en quantités énormes. Sur mes « 350 » amis actuels, seuls une dizaine d’inconnu(e)s m’ont demandé qui j’étais. Cela en dit beaucoup sur la confiance que nous accordons à ce type de réseaux.

Un confessionnal public, en quelque sorte !

Le Forum des droits sur l’internet et la CNIL ouvrent une large consultation publique : « Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls ! » du 16 septembre 2008 au 15 janvier 2009

Allez y jetez un oeil, voire les deux…

Silence… is watching you…

Facebook et l’Internet social sur nonfiction.fr et ailleurs… Mini-revue de presse

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A ce jour, MySpace (né en 2003) comprend 110 millions d’inscrits ; Facebook (né en 2007) : 57 millions d’inscrits dont 200 000 nouveaux par jour ! Les copains d’avant (site francophone) : 6 millions de membres, sorte d’ Avis de recherche des anonymes, la célèbre émission de Patrick Sabatier !
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Pierre Assouline dans son billet du 10 janvier 2008 s’étonne : « alors que les observateurs de la Toile s’interrogent encore sur la nature durable ou passagère du phénomène [Facebook], le vénérable Collins, prestigieux éditeur anglais de dictionnaires depuis 175 ans, n’a pas pu attendre douze mois de plus pour mettre sa pérennité à l’épreuve. Il fait figurer « Facebook » comme nom et comme verbe dans l’édition 2008 de son dictionnaire d’anglais qui paraît ces jours-ci à Londres.« 
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Le site nonfiction.fr propose un dossier autour du phénomène FaceBook et de l’internet social. Il revient sur le sujet avec des articles de fond sur les opportunités mais aussi les questionnements posées par l’Internet social. Trois problématiques majeures structurent ce dossier : le narcissisme des utilisateurs, la politique, et la musique. Un article revient par ailleurs sur les moyens de protéger sa vie privée sur FaceBook. Enfin, plusieurs articles donnent un point de vue critique sur des ouvrages que nous avons sélectionnés.
Pour en savoir plus :
sur le concept de réseau social : qu’est que c’est ? et une analyse
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Quant à Eric Dupin, il se presse le citron pour déclarer : mon réseau social c’est mon blog.
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A l’initiative de Willy Ten, les bibliothécaires ont aussi un réseau social (si !) : Bibliothèques, espace francophone des acteurs de bibliothèques (80 membres).
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Rejoignez-le ! Il dort…
Silence

GRAND FRERE, FACEBOOK sur nonfiction.fr

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Voici un complément pour mon billet évolutif sur GRAND FRERE.

Le dossier de la semaine du site non-fiction.fr : comprendre Facebook et l’internet social.

Certains biblioblogueurs quittent Facebook et expliquent pourquoi. (sur le blog de Nicolas Morin)

à suivre… mes commentaires…

Silence

GRAND FRERE : article évolutif au gré de mon désespoir (aïe !)

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Je lis quoi, en ce moment ? Plutôt, Je relis. 1984 de George Orwell. C’est le moment ! Tout, tout autour de nous, rappelle ce bouquin et sa prescience. Comme le quatrième pouvoir occupé à conforter son pouvoir plutôt que de l’exercer. Je vous préviens, je ne suis pas un adepte des complots mystérieux qui expliquent tout et son contraire… Suis-je alors un bibliothécaire 2.0 ? Un adepte inconditionnel des NTI ? Bof… Non, évidemment. Un bibliothécaire, cela réfléchit, surtout s’il se prête à l’ironie !

1984 prévoyait un monde totalitaire sur le mode classique d’un groupe de personnes invisibles manipulant tous le monde, magnifiquement mythifié par la figure de Grand Frère. Ecrit en 1948, il est pourtant livre de son époque qui voyait à l’ œuvre un affrontement binaire un peu stérile entre idéologies.

Orwell n’avait peut-être pas songé que ce ne serait pas BIG BROTHER qui nous contraindrait mais nous-mêmes. Nous-mêmes qui construirions de manière volontaire et même jubilatoire ce qui risque de devenir dans quelque temps, un enfer. Noire vision. J’en étais là de mes interrogations quand je suis tombé sur un billet d’Olivier Ertzcheid : bienvenue dans le World Life Web sur son blog Affordance.

Cet article dresse une pertinente histoire du WWW en trois étapes (Lisez l’article et revenez). « Nous sommes depuis quelques temps, notamment avec l’essor extraordinaire des « réseaux sociaux » (Facebook, MySpace) et celui des mondes virtuels (Second Life), entrés dans un troisième âge documentaire : celui du World Life Web. »

Et Olivier Ertzcheid de renforcer mes interrogations : avec les réseaux sociaux, « la question qui se pose donc aujourd’hui est celle du caractère indexable de l’être humain. Celle de savoir si l’Homme est, ou non, un document comme les autres.« 

Pour conclure sur : « les documents, les mots-clés ont acquis une dimension marchande. Ils se vendent et s’achètent sur la grande place de marché d’Internet, que régule pour une large part le seul moteur Google. Nos traces identitaires numériques seront-elles demain également marchandisables ? Bienvenue dans le World Life Web. »

Finalement, GRAND FRERE dans ce Web 2.0, n’est-ce pas un peu nous ?

A partir de quel moment, une technologie géniale telle que le World Wide Web, qui a complètement dépassé les rêves de ses créateurs, dérive-t-elle vers le négatif ?

Fancis Pisani, le journaliste du Monde, sur son blog (billet du 22 novembre 2007) cite la phrase pertinente suivante :  » le prix que nous payons quand nous demandons à personnaliser jusque dans les moindres détails les pages et services que nous utilisons c’est la surveillance totale que nous rendons possible grâce aux informations que nous donnons sur nous-mêmes. » Cette phrase est de Seth Finkelstein qui écrit pour le Guardian : ” The price of total personalisation is total surveillance.” C’est évidemment le comble total !

Dans son billet du 24 novembre, intitulé charte de nos droits sur les réseaux sociaux, Francis Pisani cite « un groupe d’influenceurs [de] la Silicon Valley [qui] proposent trois principes très simples auxquels pourraient adhérer les sites de réseaux sociaux (dont voici une traduction non litérale ET le texte original).

Ils leurs proposent de reconnaître que leurs usagers ont :

la propriété des informations personnelles les concernant (profils, liste des gens auxquels ils sont connectés, flux d’activités qu’ils crèent en circulant et en s’exprimant sur le web) ;le contrôle sur l’usage de ces informations par d’autres ;la liberté d’accorder un droit continu à leurs informations personnelles à des sites dans lesquels ils ont confiance. »

Comment réagir et où ? La force incontrollable de l’intelligence collective du réseau Internet est sa principale faiblesse.

Je dois vous avouer que je suis complètement à plat. Je suis un GRAND FRERE, tu es un GRAND FRERE. Il est… Nous sommes…

Chut… GRAND FRERE nous regarde !

Silence.

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Un texte à lire si vous ne le connaissez pas encore : Engooglés de Cory Doctorow sur le site des éditions C&F.