cinquante ans dans la peau de Michael Jackson

« Société où les enfants ont tous leur téléphone portable personnel… » in Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson par Yann Moix (Grasset, 2009)

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Tirée du dernier roman de Yann Moix : cinquante ans dans la peau de Michael Jackson (Grasset, 2009), cette citation qui pose un certain nombre de questions :

« Société où les enfants ont tous leur téléphone portable personnel. Ont tous leur ordinateur portable personnel. Comme des petits hommes d’affaires. Société dans laquelle on donne le bacalauréat à tout le monde, parce qu’on est prié de devenir adulte tout de suite, allez, du balai, quittez-moi cette enfance qui n’a que trop duré ; devenez des hommes. Entrez, approchez, n’ayez pas peur : voici le monde adulte (cher bachelier). Adulte, adulte, adulte. Le plus vite possible. Le plus possible d’adultes le plus vite possible.

Mélange des enfants et des adultes : sur Internet, enfants, adultes sont totalement à égalité. Aucune différence, dans la virtualité, entre un enfant et un adulte. La différence (pas seulement d’âge, mais ontologique) entre un enfant et un adulte est abolie sur la Toile. On est tous pareils sur Facebook ; on a tous le même âge moyen : on est tous identiquement adultes ; il y a une contamination de l’enfant par l’adulte, dans le monde virtuel, qui culmine avec la séduction d’adolescents ou d’enfants par des pervers et des pédophiles. Sur Internet, il n’y a plus que deux sexes face à face. Deux genres seulement, deux catégories uniquement : les hommes et les femmes. Qui veulent se rencontrer ; qui se cherchent. Parfois se trouvent. Abolition pure et simple de toute forme de dissemblance. Douze ans, trente ans, même combat : les mots n’ont pas d’âge, pas de tête, pas de rides, tout est aplani – les adultes n’ont plus qu’à attirer (et pas seulement sexuellement), qu’à tirer à eux, les enfants dans leur monde ; on traite d’égal à égal. Ce n’est plus une toile, mais un Filet. Le monde entier a le même âge (adulte) ; le monde entier est collègue. Enfants et adultes deviennent complices. « 

Ce texte me met mal à l’aise par ses rapprochements  et parfois ses raccourcis… sans pour autant penser que l’auteur a entièrement tort. L’enfant égal de l’adulte sur Internet ? Oui, jusqu’à un certain point… Cette abolition de la dissemblance me paraît excessive…  La toile comme Filet ? Vision très restrictive…

Silence

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