BIG BROTHER

Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls !

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Dans son uchronie nommée « 1984« , Georges Orwell avait imaginé une société totalitaire contrôlant la vie privée des membres de la société au moyen d’un écran, le télécran, sorte d’œil violant en permanence l’intimité de l’individu, système largement popularisé par la figure tutélaire de BIG BROTHER (is watching you). J’ai déjà évoqué ce thème du Grand Frère sur ce blog.

Orwell s’est trompé en partie : oui, la société a une tendance « paranoïaque ? » à imaginer des systèmes de contrôle de ses membres. C’est parfois nécessaire dans le cadre du terrorisme ou autres malversations de la vie en communauté. Ce qu’Orwell n’avait pas pensé, c’était l’arrivée d’Internet et encore moins celle des réseaux sociaux. Facebook, MySpace et autres affidés sont une mine de renseignements, du moins je le suppose, pour les services de police du monde entier. Un paradis de l’indiscrétion basé sur le volontariat. Si le projet  de fichiers Edvige n’a pas fait florès, le principe de récupérer des informations sur nous est facilité par toutes ces informations que nous laissons de notre plein gré. Nous sommes Big Brother. Les réseaux sociaux comme Facebook, MySpace sont les télécrans imaginés par G.O. Nous y allons sans broncher. Go !

La sphère de la vie privée et de l’intime a tendance à se réduire à peau de chagrin. Je réalise actuellement une petite enquête sur Facebook. Je publierai prochainement un billet  sur les avantages et les inconvénients de ces réseaux. Je suis étonné par une chose en postant des demandes d’amis en quantités énormes. Sur mes « 350 » amis actuels, seuls une dizaine d’inconnu(e)s m’ont demandé qui j’étais. Cela en dit beaucoup sur la confiance que nous accordons à ce type de réseaux.

Un confessionnal public, en quelque sorte !

Le Forum des droits sur l’internet et la CNIL ouvrent une large consultation publique : « Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls ! » du 16 septembre 2008 au 15 janvier 2009

Allez y jetez un oeil, voire les deux…

Silence… is watching you…

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GRAND FRERE, FACEBOOK sur nonfiction.fr

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Voici un complément pour mon billet évolutif sur GRAND FRERE.

Le dossier de la semaine du site non-fiction.fr : comprendre Facebook et l’internet social.

Certains biblioblogueurs quittent Facebook et expliquent pourquoi. (sur le blog de Nicolas Morin)

à suivre… mes commentaires…

Silence

GRAND FRERE : article évolutif au gré de mon désespoir (aïe !)

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Je lis quoi, en ce moment ? Plutôt, Je relis. 1984 de George Orwell. C’est le moment ! Tout, tout autour de nous, rappelle ce bouquin et sa prescience. Comme le quatrième pouvoir occupé à conforter son pouvoir plutôt que de l’exercer. Je vous préviens, je ne suis pas un adepte des complots mystérieux qui expliquent tout et son contraire… Suis-je alors un bibliothécaire 2.0 ? Un adepte inconditionnel des NTI ? Bof… Non, évidemment. Un bibliothécaire, cela réfléchit, surtout s’il se prête à l’ironie !

1984 prévoyait un monde totalitaire sur le mode classique d’un groupe de personnes invisibles manipulant tous le monde, magnifiquement mythifié par la figure de Grand Frère. Ecrit en 1948, il est pourtant livre de son époque qui voyait à l’ œuvre un affrontement binaire un peu stérile entre idéologies.

Orwell n’avait peut-être pas songé que ce ne serait pas BIG BROTHER qui nous contraindrait mais nous-mêmes. Nous-mêmes qui construirions de manière volontaire et même jubilatoire ce qui risque de devenir dans quelque temps, un enfer. Noire vision. J’en étais là de mes interrogations quand je suis tombé sur un billet d’Olivier Ertzcheid : bienvenue dans le World Life Web sur son blog Affordance.

Cet article dresse une pertinente histoire du WWW en trois étapes (Lisez l’article et revenez). « Nous sommes depuis quelques temps, notamment avec l’essor extraordinaire des « réseaux sociaux » (Facebook, MySpace) et celui des mondes virtuels (Second Life), entrés dans un troisième âge documentaire : celui du World Life Web. »

Et Olivier Ertzcheid de renforcer mes interrogations : avec les réseaux sociaux, « la question qui se pose donc aujourd’hui est celle du caractère indexable de l’être humain. Celle de savoir si l’Homme est, ou non, un document comme les autres.« 

Pour conclure sur : « les documents, les mots-clés ont acquis une dimension marchande. Ils se vendent et s’achètent sur la grande place de marché d’Internet, que régule pour une large part le seul moteur Google. Nos traces identitaires numériques seront-elles demain également marchandisables ? Bienvenue dans le World Life Web. »

Finalement, GRAND FRERE dans ce Web 2.0, n’est-ce pas un peu nous ?

A partir de quel moment, une technologie géniale telle que le World Wide Web, qui a complètement dépassé les rêves de ses créateurs, dérive-t-elle vers le négatif ?

Fancis Pisani, le journaliste du Monde, sur son blog (billet du 22 novembre 2007) cite la phrase pertinente suivante :  » le prix que nous payons quand nous demandons à personnaliser jusque dans les moindres détails les pages et services que nous utilisons c’est la surveillance totale que nous rendons possible grâce aux informations que nous donnons sur nous-mêmes. » Cette phrase est de Seth Finkelstein qui écrit pour le Guardian : ” The price of total personalisation is total surveillance.” C’est évidemment le comble total !

Dans son billet du 24 novembre, intitulé charte de nos droits sur les réseaux sociaux, Francis Pisani cite « un groupe d’influenceurs [de] la Silicon Valley [qui] proposent trois principes très simples auxquels pourraient adhérer les sites de réseaux sociaux (dont voici une traduction non litérale ET le texte original).

Ils leurs proposent de reconnaître que leurs usagers ont :

la propriété des informations personnelles les concernant (profils, liste des gens auxquels ils sont connectés, flux d’activités qu’ils crèent en circulant et en s’exprimant sur le web) ;le contrôle sur l’usage de ces informations par d’autres ;la liberté d’accorder un droit continu à leurs informations personnelles à des sites dans lesquels ils ont confiance. »

Comment réagir et où ? La force incontrollable de l’intelligence collective du réseau Internet est sa principale faiblesse.

Je dois vous avouer que je suis complètement à plat. Je suis un GRAND FRERE, tu es un GRAND FRERE. Il est… Nous sommes…

Chut… GRAND FRERE nous regarde !

Silence.

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Un texte à lire si vous ne le connaissez pas encore : Engooglés de Cory Doctorow sur le site des éditions C&F.