Sur les Limites

Pour la diffusion du savoir et interroger les candidats à la présidentielle 2017

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Le collectif pour la connaissance libre, soutenu par Wikimedia France organise, à l’occasion de la campagne présidentielle une grande campagne de sensibilisation autour des biens communs informationnels et des licences libres.

L’objectif est d’interpeller l’opinion publique et les candidat(e)s à la présidentielle sur la protection du domaine public face au copyfraud.

Si vous souhaitez participer à cette campagne, vous pouvez :

1) Apposer la bannière en pièce jointe en photo de couverture facebook, twitter, google +…

Connaissance libre 2017

2) Suivre le compte twitter @PLCL2017

3) Participer à l’exposition pour la connaissance libre en vous inscrivant ici

4) Pour ceux qui le souhaitent vous pouvez également recevoir, à partir de la semaine prochaine des T-shirt « Connaissance libre » afin de vous prendre en photo devant les œuvres dans l’espace public ne bénéficiant pas de liberté de panorama ou victime de copyfraud.

N’hésitez pas à joindre le collectif à cette adresse : contact@connaissancelibre2017.fr pour toutes questions et suggestions.

Franck Queyraud

Membre de Wikimédia France

Les «Six heures contre la surveillance» de 16h à 22h sur Médiapart en libre accès

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Ce lundi 4 mai, Mediapart diffuse en direct, de 16 heures à 22 heures, une opération exceptionnelle « Six heures contre la surveillance »: débats, interpellations, chroniques, chansons, duplex. À la veille du vote solennel des députés sur le projet de loi sur le renseignement, il s’agit de fédérer et relayer toutes les initiatives, de donner la parole à tous ceux qui s’inquiètent ou refusent un texte qui menace nos libertés individuelles et collectives.

Nous rendrons également compte en direct, en vidéo, audio et photo, du rassemblement qui débutera lundi à 18 h 30, place des Invalides, à Paris. Ce rassemblement est appelé par dix-huit organisations, qui participeront aussi à notre opération « Six heures contre la surveillance ».

Les organisations qui appellent au rassemblement le 4 mai à 18h30, Place des Invalides.Les organisations qui appellent au rassemblement le 4 mai à 18h30, Place des Invalides.

L’appel de ces organisations peut être lu ici. Il dit en particulier :
« Ce projet entérine les pratiques illégales des services et met en place, dans de vastes domaines de la vie sociale, des méthodes de surveillance lourdement intrusives. Le texte donne aux services de renseignement des moyens de surveillance généralisée comparables à ceux de la NSA dénoncés par Edward Snowden, sans garantie pour les libertés individuelles et le respect de la vie privée. » Mediapart s’associe par ailleurs à l’opération « 24 heures avant 1984 » (voir leur page Facebook ici).

Le programme et les invités de ces « Six heures contre la surveillance » :

  • 16h-18h. Nous sommes tous concernés

Animé par Edwy Plenel. Intervenants
———– La Parisienne Libérée et Jérémie Zimmermann
chantent en duo « Rien à cacher ».
Julien Bayou (24 heures avant 1984)
Eliott Lepers (24 heures avant 1984)
Laurent Chemla (cofondateur de Gandi)
Thomas Guénolé (la pétition citoyenne)
Guillaume Chocteau
(Ressources-Solidaires)
Pierre Tartakowsky
(Ligue des droits de l’homme)
Dominique Curis
(Amnesty France)
———– «Klaire fait grr»
Florian Borg
(Syndicat des avocats de France)
Laurence Blisson
(Syndicat de la magistrature)
Philippe Aigrain
(la Quadrature du Net)
Tristan Nitot
(fondateur de l’association Mozilla Europe et membre du Conseil national du numérique, signataire de l’appel Ni Pigeons, ni Espions)
Sophie Gironi
, directrice de la communication de Gandi (signataire de l’appel Ni Pigeons, ni Espions)
Bluetouff
(hackeur et co-fondateur de Reflets)
———- Extraits du documentaire «Citizen Four»

  • 18h-19h15. Nous sommes tous mobilisés

Animé par Frédéric Bonnaud et Edwy Plenel. Intervenants
Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières
Aurélie Filippetti, députée socialiste et ancienne ministre de la culture
Eva Joly, députée européenne (EELV)
Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique

À 18h30 et à 19h15, Mediapart organise des duplex avec le rassemblement organisé place des Invalides, à Paris.

  • 19h30-22h. Combattre pour nos libertés

Animé par Frédéric Bonnaud et Mathieu Magnaudeix. Trois débats

Pouria Amirshahi, député socialiste
Isabelle Attard, députée Nouvelle Donne
Benjamin Bayart, French Data Network
Clémence Bectarte, Fédération internationale des droits de l’homme

Mathieu Burnel, activiste, proche du Comité invisible
Dominique Cardon, sociologue
Anthony Caillé, CGT-Police
Un porte-parole du SNJ, syndicat des journalistes

Sergio Coronado, député EELV
Adrienne Charmet-Alix, La Quadrature du Net
Éric Beynel, Union syndicale solidaire
Laurence Parisot (ancienne présidente du Medef)

À 19h30 et à 21h, Mediapart organise des duplex avec le rassemblement organisé place des Invalides, à Paris.
Par ailleurs, plusieurs extraits de films seront diffusés.

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 Près de 800 acteurs du numérique, parmi lesquels OVH, le plus grand hébergeur français, mais aussi Mediapart, ont signé un appel intitulé « Ni pigeons, ni espions ». « Nous, acteurs du numérique, sommes contre la surveillance généralisée d’Internet », dit cet appel, « mettre Internet massivement sous surveillance, c’est ouvrir la porte à un espionnage incontrôlable, sans aucune garantie de résultat pour notre sécurité. »

Outre ces acteurs et les associations de défense de nos droits numériques (la Quadrature du Net, l’Observatoire des libertés et du numérique) qui, toutes, dénoncent ce texte, outre les autorités administratives indépendantes (CNIL, CNNum, CNCDH, Défenseur des droits) qui ont multiplié les réserves ou oppositions, les citoyens commencent massivement à se mobiliser. Une pétition en ligne exigeant le retrait du projet de loi a déjà recueilli 115 000 signatures le 24 avril à 12 heures.

Mediapart, depuis le début de l’examen parlementaire de ce texte, n’a eu de cesse d’en souligner les dangers pour nos libertés individuelles. Lire ci-dessous :

Loi sur le renseignement: un attentat aux libertés, par Edwy Plenel
Notre dossier complet: les Français sous surveillance

La neutralité du net en une image…

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Cité dans un Tweet de @Kapoia  : Merci, je partage sur ce blog.

 

 

Du tag et du fouillis : les dangers du cloud computing… et tant pis, si je passe pour un ringard…

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Ce matin, j’ai réagi à un billet de l’écrivain Nicolas Ancion sur son blog où il posait la question suivante :

Le lecteur est-il propriétaire du texte qu’il lit ?

.

« En cinéma, le modèle de commercialisation numérique qui semble avoir le vent en poupe aujourd’hui, c’est Netflix, un service où pour 7$ par mois, vous pouvez regarder autant de films que vous le souhaitez, en streaming, sur votre ordinateur, en toute légalité « 

Il élargissait son questionnement aux livres et à la musique. Je n’ai pas épuisé dans mon commentaire sur son blog ce que cela provoque chez moi. Il me semble que la question est beaucoup plus large et mérite de ne pas être cantonnée au seul lecteur propriétaire d’un objet culturel qu’il a acquis.

Personnellement, le système de location ou d’abonnement ne me pose pas de problème. C’est une des solutions à l’âge de l’abondance pour accéder à des œuvres, des contenus sans l’inconvénient de l’encombrement physique de l’objet qui va envahir nos bibliothèques personnelles, toujours trop petites… Même si je suis un adepte de Chalamov, c’est-à-dire posséder une bibliothèque personnelle. A chacun ses contradictions. La vision proposée par Nicolas Ancion est axée sur un angle essentiellement de consommation, immédiate, rapide (encore que !). Encore faudra-t-il pour certains avoir les moyens économiques de pouvoir payer des abonnements multiples (individus comme bibliothèques) ! On en revient toujours à la même chose. Si la technique aujourd’hui permet d’avoir accès à des contenus permettant de s’approcher du mythe de la bibliothèque universelle, il reste qu’une grande part de nos non-publics (la majorité) et de nos publics (une minorité) n’accèderont pas à ces oasis bénéfiques pour leurs développements personnels ! N’en auront pas les moyens financiers ou tout simplement n’auront pas l’idée de chercher autre chose car cette dictature des superlatifs, classements ou autres tops 50 sera, enfin, est déjà complétement renforcée à l’ère d’Internet et envahit tout… Sorte de réduction minimaliste – on coupe tout ce qui dépasse – avec comme horizon l’insupportable consensus.

Je suis un adepte du cloud computing jusqu’à un certain point. C’est quoi d’abord le cloud computing ?

Pour simplifier, vous n’avez plus de logiciels ni de contenus sauvés sur votre ordinateur, mais votre ordinateur est une simple porte d’accès aux ressources numériques sur Internet.

Il me semble que cela va a-contrario de la logique de jungle prônée par les concepteurs du web initial (Tim Berners-lee, par exemple). Il me semble qu’il faut préserver des espaces de fouillis, des terrae incognitae, que tout ne soit pas indexé, qu’il y ait plaisir à découvrir. Et que le web reste un lieu de publication libertaire. Les Princes n’aiment pas ! Je souhaite du fouillis et c’est un paradoxe de bibliothécaire qui doit, s’il est normalement constitué, classé et indexé. Tagger comme l’on dit maintenant. Du tag et du fouillis… donc…

Alors, oui, il faut se méfier de la concentration de tous les contenus chez quelques éditeurs en ligne (livres, musique, vidéo), dans le cloud, comme il est dit aujourd’hui. Google, Amazon ou Apple sont en train de devenir des monstres qui directeront leurs lois. Seront-ils des phares baudelairiens ou des vessies à défaut de lanternes ? Même s’ils nous tétanisent de bons sentiments et de grands discours humanistes. Faibles ou naïfs, que nous sommes ! Paroles, paroles… comme chantait Dalida. 😉 Et, nous, nous ramerons pour imposer une diversité culturelle à base de belles chartes… ! Ne restera alors plus qu’une politique de quota… stérile… restreinte…  Il faut donc des alternatives, des contre-mastodontes…

Le principe du cloud computing est séduisant. Il est pratique, rapide, aisé (enfin, pas toujours, techniquement parlant). Le principe du cloud computing, c’est un peu la sorcière dans Blanche-neige. Mange ma pomme… tiens tiens la pomme… ca ne vous fait pas penser à quelqu’un.

Le principal danger est de voir s’effectuer une sélection des contenus par ces nouveaux mastodontes, gérants pour le bien de tous l’infobésité. Je ne sais pas pourquoi l’être humain en général déteste la profusion qui lui fait peur. Je ne réagis ici pas seulement en tant que bibliothécaire pour défendre la chapelle dans laquelle j’officie, mais plutôt en tant que citoyen.

Qui va garantir que l’on pourra trouver un petit livre qui ne plait pas au Prince, à la doxa officielle, à la mode de l’époque, aux idées de l’époque  (relire Montesquieu) ?

Qui peut garantir que l’on pourra visionner un film non consensuel ? Selon l’idéologie du monsieur ou du groupe d’intérêt ou d’actionnaires qui dirigeront la société de contenus, ils pourront sélectionner et faire disparaître des contenus non conformes. C’est déjà arrivé avec Amazon (qui avait supprimé des Kindle, le 1984 d’Orwell). Comme me le fait remarquer très justement Nicolas Ancion, ce n’est pas Amazon qui a censuré l’ouvrage d’Orwell mais une demande des ayant-droits ne souhaitant pas ce type de diffusion. Mais, techniquement, ils ont été capable d’intervenir pour enlever du contenu. Dans un contexte où des citoyens sont encore là pour alerter des dérives, la polémique a contraint Amazon à revenir sur ses pas. Mais est-ce que ce sera toujours le cas ?

On est là devant le risque d’une dérive totalitaire… Je ne suis pas le premier à le dire…

Par contre, il faut absolument qu’il y ait des endroits qui ne fonctionnent pas uniquement sur les règles du profit et du désir de plaire  au plus grand nombre . Ces endroits existent depuis longtemps. Ces endroits portent un nom depuis plusieurs millénaires : on appelle cela des bibliothèques. 😉

Remarquez que sur le schèma plus haut expliquant le cloud computing, tiré de Wikipédia, les bibliothèques n’y sont pas ! Vous ne trouvez pas cela gênant, chers bibliothécaires, chers citoyens ? Et pourtant, avec qui Google passe des accords de numérisation ? La connaissance est stockée où, à votre avis ?

Il ne faut pas le cacher, nous sommes (les bibliothèques) multiples et dispersées. C’est notre force : lieux variés de diversité culturelle. C’est notre faiblesse également : car, ce mythe qu’est également le catalogue collectif, nous empêche de nous rassembler, de créer un immense pancatalogue de ressources… Il y aurait pourtant une solution intermédiaire… je la dirai plus loin…

A l’heure des mastodontes, et face à la complexité de nos structures hiérarchiques (publiques en Europe, associatives aux Etats-Unis, etc…), il apparaît impossible de nous réunir… Je rêve… Otlet, reviens avec nous ! Les bibliothèques doivent devenir des émettrices de contenus, un peu comme le pulsar, en astronomie, qui est une étoile qui envoie des ondes régulièrement permettant aux astronomes de s’orienter ou de mesurer l’univers. La bibliothèque comme un pulsar… Otlet… ramène nous ta folie ! 😉

Il me semble important que les bibliothèques soient un des acteurs essentiels pour  la diffusion de contenus garantissent la diversité culturelle. Alain Resnais avait titré un de ses premiers films : La mémoire du monde, reportage sur la BNF. Pas si antique que cela ce petit film. Les bibliothèques diffusent, prêtent, mettent en valeur mais aussi conservent la mémoire du monde, mémoire qui ne plait pas forcément au Prince. C’est évidemment  un choix qui doit être appuyé au niveau politique. Aujourd’hui, la priorité n’est pas de réaffirmer le rôle des bibliothèques (les excuses de la crise mondiale sont faciles à donner) mais plutôt de protéger chacun des acteurs isolés qui tentent de réagir (en vain) aux trois mastodontes… Voir aussi la remise en cause en Angleterre des bibliothèques ! Si j’osais, je dirai arrêtons de vivre sur notre petit nuage… 😀 Nos associations de professionnels doivent demander aux acteurs politiques de se repositionner sur cette nécessité de mémoire et de mise en valeur de cette mémoire. Concrétement. Pas seulement dans de zolis discours… qui ne mangent pas de pain. Comment allons-nous mettre en valeur le travail des auteurs n’écrivant que sur le support numérique ? Evidemment, ce n’est pas gagné, voir les débats idéologiques partisans des récentes lois (Hadopi, Acta, Prisunic…) qui empêchent d’avoir des positions responsables et donnent des lois vouées à l’échec… face aux mastodontes qui doivent bien rigoler…

Va-t-on demander à Netfix… Amazon, Google ou Apple de garantir la mémoire du monde ?

Aujourd’hui, ils ont des discours apaisants mais demain ?

Quand allons-nous retrouver notre esprit critique ?

Par exemple, prenons, au hasard 😉 : Apple ? Je prends cet exemple qui est pour moi symbolique :  cette entreprise a tellement travaillé sa communication que l’on entend souvent : un mac tombe moins en panne qu’un PC ! Faux… Idée reçue ou idée suggérée ? Quoiqu’il arrive, la bonne image perdure… Et, je suis contaminé également 😉 j’utilise des produits Apple. Prenons l’iphone : faiblesse de la batterie dès que l’on utilise l’iphone pour son usage principal, ses capacités multimédia. Pratique certes,  mais on est très vite limité par la batterie si on a un long voyage à efffectuer. Et je ne parle pas de la mauvaise qualité des images pour la fonction appareil photo. Ni de la conception de l’illimité de votre opérateur téléphonique… Reconnaissons que ces produits idéaux ne le sont pas ! Beaucoup de défauts et toujours une image de marque au top dans la tête des usagers. Ca frise même l’embrigadement sur certains blogs ! Moi, désolé, ca me fait peur.

Vivre dans un monde Apple, c’est aussi vivre en permanence avec le porte-monnaie à la main, enfin la carte bancaire toujours ouverte (remarque encore désobligeante : ceux qui n’ont pas de cartes bancaires ou sont en situation d’interdit bancaire n’auront pas accès au nirvana… disciples d’Apple, ne jugez pas trop vite mon ironie). Enfin, cerise sur le gâteau, ne pas pouvoir faire ce que l’on veut des produits que nous avons acquis. Pas d’interopérabilité. Je ne suis peut-être que le seul mais cela me gêne. Que dis-je, ça me gêne, non, ça me révolte !

Amazon vient d’ailleurs de réagir car ils proposent la possibilité de prêter les livres numériques que nous aurons acquis pour le Kindle avec notre argent. Merci, mon bon maître ! (Vous vous rappelez avoir prêtés des bouquins ou des cd à des amis ! Pratique, non ?). Sont malins comme des singes…

Malgré son image d’avant-garde certaine, cette société (Apple) est pour moi, chers disciples, la plus archaïque du monde en terme de modèle économique. C’est toujours le système basé sur la rareté  du produit. Avec un emballage de propagande basée sur le discours de l’abondance purificatrice. Malins comme des singes… Remarquez on aurait dû se méfier rien qu’avec leur logo : une pomme ! Ca ne vous rappelle rien ! Vite, retour de l’esprit critique… 😉

En plein développement d’une solution de livres numériques pour ma toute, mais toute petite bibliothèque, je me pose toutes ces questions : les abonnements, c’est bien (encore qu’il n’est pas facile d’avoir un accès unique – chaque éditeur proposant son accès) mais à terme, qu’en est-il ?

Je ne suis pas certain que le concept de collection d’une bibliothèque soit ringard à l’heure du cloud, d’internet et des réseaux. Bien au contraire…

Les bibliothèques ne doivent-elles pas acquérir des réservoirs (des serveurs) pour pouvoir maitriser leurs collections numériques  ? Je ne vois plus pourquoi nous ne pourrions pas garder les fichiers numériques acquis sur nos serveurs… Le coût de ses serveurs a énormément baissé. La taille des mémoires n’est plus un problème. Ce sont aussi par des collections atypiques, différentes que nous avons des chances de continuer à exister comme lieu de ressources. Voir le récent article de Dominique Lahary : une bibliothèque ça ne sert (plus) à rien. Pourquoi donc ne pas mutualiser au niveau régional des serveurs de ressources ? Une collectivité seule est… seule, isolée… La Région me semble l’entité raisonnable. Mutualisation des ressources et mutualisation des recommandations sur ses ressources. Projets collaboratifs également : toute une région se mobilisant pour faire lire et commenter… pas pour transformer chacun en un Pierre Assouline, bref en un critique, il le reprochait récemment dans un de ses billets, mais plus modestement, pour réunir des personnes qui ont envie de réfléchir et partager… sans obligation aucune d’écrire… Ce qui serait déjà pas mal pour conforter notre mission de diffusion…

Aujourd’hui, je ne connais pas de SIGB (logiciel de gestion des collections des bibliothèques) qui propose un accès à des ressources directement reliées au catalogue et sur lequels on peut ajouter indéfiniment des ressources en provenance de plusieurs éditeurs. Si nous nous abonnons à  Numilog, nous arrivons sur un espace d’un serveur de Numilog. Et, pareil, pour les autres…  Nous allons faire quoi en bibliothèque ? Aller vers la solution qui marche techniquement ? Les éditeurs ont peur de nous confier leurs fichiers, peur de la copie. On me l’a dit au téléphone… il faudrait développer pour chaque éditeur des moulinettes pour intégrer les fichiers dans nos catalogues. La collection serait double : des livres « en papier » dans la bibliothèque et  les fichiers des livres, musiques ou vidéo en ligne physiquement stockés sur le serveur mutualisé régional. Evidemment, cela implique des négociations vers les éditeurs. Des problèmes techniques de pérennité des formats… un effort de normalisation, donc… et d’autres problèmes encore… mais quoi ? On est dans une révolution majeure et il y a du boulot pour retrouver un équilibre… Cela ne va pas se faire tout seul et sans casse…

Nous resterions dans notre logique de développement de collections à partir de politiques documentaires concertées et mises en valeur. La communication et la recommandation des contenus sont les nouveaux défis des bibliothécaires. Celle des bibliothécaires apportant leurs expertises avec une recommandation associée auprès nos lecteurs, usagers… Il va nous falloir renouveller nos antiques clubs de lecteurs, nos ateliers d’écriture vers des projets collectifs  pour faire lire et faire commenter les lectures par nos usagers, leur demander de partager leur avis sur le catalogue commun. Se demander aussi comment nos lecteurs sélectionnent leurs lectures comme le rappelle Virginie Clayssen dans un ce billet : trois pour cent.

Voilà pour moi quelques questions que me posent  l’accès aux ressources numériques par le cloud computing. Des questions de plus  en plus nombreuses à l’heure de la chute des budgets d’acquisition. Toujours des questions. Et je vous assure, ces questions, nos élus nous les posent.  Quelle collectivité va pouvoir payer des abonnements à des bases de données de plus en plus chères ? L’exemple des bouquets de revues en bibliothèque universitaire devrait nous ouvrir les yeux. Sur le court terme, le cloud computing, pratique ? Mais sur le long terme ?

Dangereux pour les libertés publiques… Et la capacité de l’individu à discerner par lui-même… Dangereux pour la mémoire du monde…

L’âge de l’abondance et de l’accès risque fort de se transformer en un unique espace clos et balisé, une belle forêt bien entretenue sans mauvaises herbes…

Je vous laisse réagir. Je n’ai pas tout abordé. C’est un billet d’humeur basé sur une réelle pratique. En ce moment, je vous dis, pour ma toute petite bibliothèque, je travaille sur une offre diversifiée de livres numériques accessibles pour tous nos usagers… Et ce n’est pas facile… et ce n’est pas qu’une question d’argent… un autre billet, plus tard fera le bilan de tous les freins… Voir cependant les débats sur le dernier billet de Thierry Crouzet.

Diversité culturelle, disions-nous !

Silence

 

« L’entonnoir : Google sous la loupe des sciences de l’information et de la communication »

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« L’entonnoir : Google sous la loupe des sciences de l’information et de la communication« , ouvrage collectif coordonné par Brigitte Simmonnot et Gabriel Gallezot sort le 2 juin aux éditions C & F, les éditions pilotées par Hervé Le Crosnier, maître de conférences à l’Université de Caen et « papa » de la liste biblio.fr, devenue une référence de nos métiers.

l'entonnoir

Voici, en avant-première, la préface d’HLC : «  la vie numérique par le petit bout de l’entonnoir  »

Pour qui regarde la place occupée par Google dans l’imaginaire contemporain, les métaphores ne manquent pas. La pieuvre, bien évidemment, qui étend ses tentacules dans toutes les directions de l’univers numérique ; le silex de l’arrogance pour toutes les déclarations des deux jeunes fondateurs qui veulent organiser « toute l’information du monde » ; les « tables de la loi » pour représenter les attitudes de prédicateur et la philosophie d’entreprise élevée en sauveur éthique d’un monde noyé sous l’information, « Don’t do Evil » ; Citizen K. pour la mainmise médiatique de l’entreprise de la Silicon Valley sur l’actualité et la publicité ; Géo Trouvetou pour l’innovation permanente, souvent à la limite de la technique contemporaine, à l’image de ce projet de centre serveur marin alimenté par l’énergie des vagues et refroidi par la mer… Le coffre-fort aussi, pas tant pour le cash-flow généré par l’entreprise que par la manie du silence et du secret sur ses algorithmes, ses objectifs et le fonctionnement de la machinerie du back-office de Google. La métaphore de l’entonnoir, comme toutes celles auxquelles on peut penser, ne peut représenter qu’une partie du Google-monde. Il s’agit pour Google de transvaser tout l’internet, les milliards de pages disponibles, dans ses centres serveurs, puis de rendre indispensable l’usage du moteur de recherche à celui qui veut retrouver une information, un document, une personne, une vidéo, une musique, voire même un extrait d’une conversation par mail ou forum. Bref, d’accéder à la vie numérique par le petit bout de l’entonnoir. C’est le mérite du présent livre de s’attacher à ce qui se joue dans ce passage par l’entonnoir. Que deviennent les documents, leurs relations, leur « vie sociale » ? Comment cet entonnoir redéfinit-il les règles du jeu de l’usage de l’information, etdonc finalement de la production des documents ? Il ne s’agit ici ni de raconter Google et ses techniques, ce qui a été fort bien fait ailleurs, ni de dénoncer l’entreprise multiforme qui capte le public autant que les documents dans l’envasement de son entonnoir. Il s’agit d’étudier les multiples impacts de son existence sur la sphère informationnelle. De trouver les axes d’analyse qui partent des pratiques des usagers, du petit bout de l’entonnoir. J’allais dire analyser en sociologue… mais soyons plus précis, en chercheur des sciences de l’information et de la communication.

Un secteur scientifique défini par son objet plus que par ses méthodes. Les sciences de l’information et de la communication sont une « interdiscipline », qui emprunte à la technique, notamment aux techniques des bibliothécaires et documentalistes de l’ère informatique (description, indexation, classification), aux sciences sociales, notamment par l’importance accordée aux analyses des usages, et aux sciences humaines. Car entre les techniques du document et l’impact social demeure un non-dit que l’on peut voir émerger à partir de l’analyse de corpus ou de la sémiologie des dispositifs médiatiques. C’est tout ce spectre d’approches qui est mis à contribution dans ce livre. Il s’agit de partir du postulat d’existence, et d’étudier les conséquences. Que font les étudiants ou les journalistes avec cet entonnoir devenu fenêtre sur le monde numérique ? Comment l’expérience, les méthodes et concepts issus de la bibliothéconomie ou de la scientométrie sont-ils mis à contribution pour peaufiner l’algorithme de classement de Google, le fameux PageRank ? Et au-delà, que signifie vraiment ce petit bout de l’entonnoir, ce champ de recherche à tout faire, si ténu qu’il peut s’intégrer directement au navigateur ? Quel message veut nous transmettre Google qui réduirait la complexité des documents et des interactions à la liste de ceux dont nous aurions besoin, de ce qu’il nous faut lire sur tel sujet que nous avons complaisamment soumis à la sagacité de l’algorithme ? Les livres sur Google sont nombreux, tant le sujet est d’importance, rien de moins que l’accès au monde numérique, et l’entreprise si intrigante. Un terme à prendre au pied de la lettre, un terme à double sens. Une entreprise d’intrigants, poussant ses avantages sur tous les fronts, créant avec la Nasa une Université de la Singularité afin de regrouper autour d’elle les cerveaux les plus alertes de la planète ; s’alliant avec les mavericks de la génétique pour proposer une « médecine en ligne » avec Navigenics ou 23andme ; ou posant ses propres câbles sous-marins pour imaginer des serveurs en dehors des eaux territoriales, des paradis informationnels. Des intrigants dans le monde économique, qui savent aussi tenir leur place en cour, n’hésitant pas à placer leurs hommes sur la scène politique la plus traditionnelle, en finançant largement l’investiture de Barack Obama, et en peuplant ses cabinets ministériels. Mais, double sens, Google est aussi une entreprise appuyée sur un secret, une intrigue non résolue : un algorithme sensible aux décisions d’opportunité. Qu’un site ait le don de déplaire et son PageRank diminue, ce qu’il peut toutefois racheter, au sens propre, en augmentant ses investissements publicitaires sur les plates-formes d’influence de Google, à l’image de BMW en 2008. Que des journaux résistent à l’aspiration de clientèle, et les voici déréférencés du « catalogue du web », perdant ainsi au final lecteurs et annonceurs, comme ces journaux belges ayant eu le culot de s’opposer à Google News en 2006. Oui, il est intriguant cet algorithme qui se présente comme neutre et appuyé sur la « démocratie » interne du web, le « vote » des lecteurs représenté par les liens hypertextes, de la mathématique à l’état pur… mais qui peut jouer avec les mots pour interdire certains sites, comme en Chine, ou jouer avec l’actualité, le buzz pour renforcer les documents demandés à un moment donné, favorisant « l’information circulante », donnant encore plus de crédit aux idées reprises partout. Un algorithme tellement subtil et néanmoins central que toute une série de professions se sont créées pour le comprendre, le décrypter, faire du reverse engineering afin de savoir comment promouvoir les sites et les porter au nouveau pinacle des trois premières places de la liste Google. Search Engine Optimisation, Search Engine Marketing, référencement, autant de Google watchers qui paradoxalementdiffusent le message d’une impartialité qu’il suffirait de connaître et d’utiliser. Tout serait donc affaire de technique, de professionnels ? Mais au fond, alors que nous croyons parler de documents, Google sait que c’est avant tout des personnes qu’il est question. Plus encore, des « foules », des comportements grégaires de l’ère de l’information. Capter les traces, les habitudes de chacun, pour cibler la publicité, ou les comportements collectifs, pour privilégier les nouvelles socialisées, à l’image de la « Une » algorithmique et calculée en permanence de Google News. Google résume parfaitement le paradoxe de l’entonnoir numérique : il s’agit de créer des médias adaptés à chacun. Non plus des médias de masse ayant une image de lectorat et lui proposant articles et illustrations en fonction de cette image… qui finira par constituer ledit lectorat « à son image ». Mais des « web-médias », suivant l’expression de Jean-Michel Salaün, qui partent du petit bout de l’entonnoir, de la personne et de son besoin documentaire, et qui, à ce moment, pour cette personne précisément et ce besoin particulier, constituent un « média », au sens le plus traditionnel : sélection des sources par l’ordre de la liste des résultats, et publicité adaptée au lectorat et au contexte pour organiser le financement. Un rêve de média, toujours renouvelé, actualisé, un média en permanence « intime », proche du lecteur et de son besoin – les médias ont besoin de cette proximité relationnelle ; ils sont loin du « froid » de l’écran pour être dans la chaleur de la co-présence. Un média est comme notre ami. Il ne peut nous trahir, car il nous ressemble autant que nous lui ressemblons. Et ce web-média nous connaît si bien, qui engrange les traces de nos activités, de nos échanges de mails, de nos photographies, de nos lectures de presse, de nos… de nous ! Pour autant, on ne saurait réduire l’entonnoir à ce passage de la masse à l’unique, avec son cortège de surveillance panoptique.
Oui, il y a clairement des risques pour la vie privée. Et oui, les usagers n’en ont nulle conscience, en raison même de l’efficacité de l’entonnoir. Les listes sont clairement opérationnelles, et les publicités contextualisées. C’est vraiment de nous qu’il s’agit. Il suffit d’oublier ce que cela peut représenter de collecte de données, de suivi de traces et de potentiel d’influence en retour. Comme nous devons l’oublier pour continuer à bénéficier des services de l’entonnoir. Comme nous y incite le discours d’entreprise, qui ne fait cela que pour le bien de l’humanité : il y a trop de choses dans le vase de l’entonnoir, et Google rend le service dont chacun a besoin. Google organise et hiérarchise l’information, ce qui est indispensable au lecteur ; et Google place ses travaux à portée de clic des lecteurs, ce qui le rend cher à l’auteur. Google est notre guide numérique et l’organisateur de nos lectures… Pourriez-vous vous en passer ? Quel est son prix en vie privée, et acceptez-vous ce marché faustien ? Mais il y a un autre aspect qui mérite une attention qui ne lui est guère accordée à la hauteur nécessaire, c’est « la voie de retour de l’entonnoir » : comment les usages de chacun déterminent non seulement le profil de chacun, mais le profilage social : ce qui se pense, la « base de données des intentions » dit John Battelle, ce qui s’agglutine, émerge… Google sait avant le réseau de surveillance médicale les lieux où se développent les épidémies de grippe. Car avant d’aller voir leur médecin, les internautes demandent à leur moteur favori les raisons de leurs symptômes. Google engrange les fièvres et les douleurs lombaires.
L’explosion de recherches semblables, en un lieu donné, signe l’apparition de la grippe. Google Maps peut en délimiter les fronts d’expansion…
Cette construction d’information coagulée à partir des indications individuelles, notamment quand ce qui émerge est une information opérationnelle, sociétale… et finalement politique, au sens où elle permet la « prise de décision », va modifier profondément notre approche collective, notre conception de la démocratie. C’est la « seconde modernité » dont parle Roger T. Pédauque : le calcul avant le raisonnement, la force de l’appariement avant la déduction de la clinique. L’opinion avant le « Tribunal de la Raison » des Lumières. Parler de Google, c’est toucher à tout cela, placer des tâches de lumière sur un modèle « philosophique » du monde qui ne se montre pas comme tel, mais avance derrière le masque de l’algorithme, derrière le sens magique d’un champ de recherche unique, derrière la culture d’entreprise du service, et derrière le milliard d’usagers satisfaits. Une philosophie qui ne provoque pas de conflits, mais valorise, en espèce sonnantes et trébuchantes, les besoins et leur satisfaction, et qui pour cela rencontre l’adhésion, une adhésion et une reconnaissance du public pour service rendu. Mais néanmoins une adhésion nourrie d’innocence et d’aveuglement. Du moins tant que l’on ne porte pas la loupe sur ce que dit le discours, ce que donne l’algorithme, ce qu’uniformise le modèle de recherche par mots-clés, ce qui se perd et devient flou dans l’ordre des documents et des interactions par le passage dans l’entonnoir. L’analyse par l’angle de l’information et de la communication, par le discours et les pratiques des usagers a ceci de nécessaire et passionnant : il va falloir modifier les schémas de la formation, de l’approche des documents, de la circulation des nouvelles, de l’analyse des services à partir de la clarification du monde réel. Car finalement, s’il est pratique de regarder par le petit bout de l’entonnoir, la vraie vie est au-delà, même la vraie vie numérique. Elle est faite des documents eux-mêmes, de la qualité de leurs auteurs, de la résonance des idées et des écritures, des réseaux réels qui se constituent, et que viennent renforcer les labels de qualité (titre des médias, autorité des auteurs, réputation des éditeurs) et les inscriptions des usages « savants » (liens hypertextes, citations, reprises, partage…). La formation du citoyen du vingt-et-unième siècle passe par le décryptage des processus de condensation des méga-entreprises du web, non pour les mettre de côté, ce qui est impossible, il faut et il a toujours fallu des filtres à information pour éviter la noyade, mais plus simplement pour les mettre « à leur place ». À sa façon, au prisme des recherches universitaires, c’est la logique de ce livre savant : rendre possible l’invention du « vivre avec », tisser les ponts entre l’efficacité de la machine et l’autonomie des individus, entre le pouvoir du calcul et la décision démocratique raisonnée. Trouver les ressorts pour changer les méthodes éducatives, les pratiques des bibliothèques, les relations d’information et de médias, et finalement redonner sa place au recul critique, à la délibération, aux assemblées humaines. Décoder les projections mentales de l’entreprise Google Inc. pour mieux en éprouver les mythes et les limites.

Hervé Le Crosnier

« La formation du citoyen du vingt-et-unième siècle passe par le décryptage des processus de condensation des méga-entreprises du web » (HLC)

Voici la table des matières

Préface :

La vie numérique par le petit bout de l’entonnoir 9 Hervé Le Crosnier

Introduction 19 Gabriel Gallezot et Brigitte Simonnot

I Pratiques 28
De l’usage des moteurs de recherche par les étudiants 31 Brigitte Simonnot
Les sources cachées du journalisme : étude du rôle des moteurs de recherche dans l’approvisionnement des entreprises de presse 59 Nicolas Pélissier et Mamadou Diouma Diallo

Apparté :
Du bon usage de Google 83 Olivier Le Deuff

II Méthodes 90
Outils de recherche : la question de la formation 93 Alexandre Serres et
Olivier Le Deuff
PageRank : entre sérendipité et logiques marchandes
113 Olivier Ertzscheid, Gabriel Gallezot et Éric Boutin

Apparté :
Tout ce qui brille n’est pas Chrome 139 Olivier Ertzscheid


III Discours 148

Le googling, un branchement sur l’imaginaire de l’internet 151 Philippe Dumas et Daphné Duvernay
Le grand avaleur 183 Jacques Araszkiewiez
La rhétorique selon Google
De l’argumentation métaphorique à la création de valeurs,
le discours paradigmatique de google
207
Céline Masoni-Lacroix et Paul Rasse

En guise de postface
Scroogled 229 Cory Doctorow

J’ai déjà commandé le mien, un cadeau vous attend si vous commandez le votre avant le 2 juin aux éditions C & F. A vous de jouer !

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Oeuvre de Sophie Menuet.
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Et si vous ne connaissez pas encore cet éditeur, je vous conseille de vous procurer un autre ouvrage important :

Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information, sous la coordination d’Alain Ambrosi, Valérie Peugeot et Daniel Pimienta.

« Enjeux de mots, livre collectif rédigé par une trentaine d’auteurs issus de la société civile et venus de quatre continents, propose un décryptage des grandes notions de la « société de l’information ».

«  »Sociétés de l’information et sociétés de la connaissance, Gouvernance en réseau et gouvernance électronique, Gouvernance de l’internet, Diversité culturelle, Infrastructure et accès universel, Fracture numérique, Accès public à l’internet, Femmes, Accessibilité, Intelligence coopérative, Expression citoyenne, Innovation par l’usage, Communautés virtuelles, Bibliothèques numériques, Gestion des savoirs, Education, Droits humains, Cybercriminalité, Droits de la communication, Médias, Piraterie, Logiciel libre, Droits de propriété intellectuelle, Économie de l’information 24 thèmes pour mieux comprendre les enjeux des Sociétés de l’information »

Bonnes lectures

Silence

La loi Création et Internet et les bibliothèques depuis le 10 mars à l’AN !

Publié le Mis à jour le

Ci-dessous, en provenance de biblio.fr, le message de Dominique Lahary, porte parole et responsable de l’IABD (Interassociation Archives Bibliothèques Documentation) qui coordonne la réflexion et relaie les propositions pour amender le projet Création et Internet.

« Aujourd’ hui 10 mars commence à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi Création et Internet.

Les bibliothèques sont aussi concernées. L’IABD (Interassociation archives bibliothèques documentation dont fait partie l’ADBDP :


* propose un amendement pour compléter l’exception de reproduction introduite par la loi DADVSI du 1er août 2006 en faveur des bibliothèques ;


* analyse les questions de responsabilité des bibliothèques, dans le cadre de ce projet de loi  ;


* publie deux communiqués :


– l’un contre toute idée de portail blanc, (liste limitative de sites qui serait imposée aux accès publics à Internet) ;


l’autre réaffirmant que les archivistes, bibliothécaires et documentalistes ne sont pas les ennemis du droit d’auteur.
« 

*  Plus d’ information sur le site de l’IABD : http://www.iabd.fr

A suivre donc…

Reprise des travaux à l’Assemblée Nationale le 31 mars…

Silence

Où il apparaît aussi qu’écouter de la musique est un rite social…

Publié le Mis à jour le

Un musicien de rue était debout dans l’entrée de la station L’Enfant Plaza du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C’était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2e partita de Bach, puis l’Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot.


Après trois minutes, un homme d’âge mûr a remarqué qu’un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s’est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l’argent dans son petit pot. Quelques minutes plus tard, un quidam s’est appuyé sur le mur d’en face pour l’écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard

Celui qui a marqué le plus d’attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l’a tiré, pressée mais l’enfant s’est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l’a secoué et agrippé brutalement afin que l’enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec d’autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.


Durant les trois quarts d’heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l’écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l’argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Quand il a eu fini de jouer, personne ne l’a remarqué. Personne n’a applaudi. Une seule personne l’a reconnu, sur plus de mille personnes.


Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars ! Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.


C’est une histoire vraie. Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d’une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens.



Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la  beauté ?

Nous arrêtons-nous pour l’apprécier ? Pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l’un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d’autres choses exceptionnelles passons-nous ? « 

Où il apparait aussi qu’écouter de la musique en public est un rite social.

Silence
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Le site officiel de Josuah Bell.

L’article de Gene Weingarten du Wahington Post (8 avril 2007) en anglais.