Jubilations

Pour aider la création littéraire contemporaine, rien ne sert de se lamenter contre Voledemort (Amazon), il suffit de s’abonner à Publie.net !

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Les éditions Publie.net sont à un tournant de leur existence ! Nous pouvons les aider…

« On va tout de même pas parler d’argent.  » écrit Philippe Aigrain. Mais si, en fait, il faut parler d’argent, vous pouvez vous abonner pour une année et vous faire une idée sur les livres publiés. Il écrit :

« Et bien si, je vais vous parler d’argent. Il faut d’abord que je vous dise pourquoi.

L’univers culturel à l’âge numérique, c’est un espace complexe. Il y a ce que on appelle le web, internet ou les internets. C’est à la fois un commun et le lieu du contrôle et de la surveillance contemporaine. Il y en a qui disent que ce n’est pas un commun parce qu’il ne fait pas l’objet d’une gouvernance par une communauté comme les terres à pâturages ou les forêts qu’Elinor Ostrom a étudiées. C’est à mon avis une vision restrictive et qui manque l’essentiel. Cet univers fonctionne à la fois comme un commun (et il y a des gens qui s’occupent que ça continue, dont beaucoup d’entre vous) et comme le contraire d’un commun : un lieu d’appropriation de la valeur commune par de grands acteurs économiques et des États qui l’espionnent, la pillent et orientent nos pratiques. Mais qu’est-ce que nous, nous faisons de la valeur des communs, de l’expression de chacun, de la socialité qui nous y lie ? Quand on commence à se poser cette question par exemple en ce qui concerne l’expression créative, on se rend compte que la culture numérique n’est pas un espace homogène, un grand tout fait d’atomes qui seraient les individus ou même de monades qui unifieraient le tout et les unités de base. En fait, voir le monde numérique comme un grand réservoir d’unités élémentaires d’information qu’on analyse, exploite, relie, c’est exactement la vision des acteurs du big data, où des algorithmes peuvent traiter chaque mot dans un de nos textes, chaque connexion entre nous et quelqu’un d’autre de façon à dire et faire quelque chose de nous, par exemple faire de l’un un suspect ou d’une autre une cible de publicité ciblée. Quelle est la différence entre cela et ce que nous faisons nous ? Elle tient en quelques mots : le contexte, la granularité, la singularité des individus et des groupes, l’éditorialisation. Rassurez-vous ou inquiétez vous, on va arriver au fric, mais pas tout de suite.

Le contexte, c’est ce qui fait que pour l’écriture numérique d’une personne, le lieu de cette écriture, celui où elle s’accomplit, se range, se rend publique est essentiel, que ce soit un blog, un site ou une plateforme (et dans ce dernier cas, toujours se demander qui contrôle le contexte). L’importance de ces maisons numériques, c’est une des choses que nous a appris l’ami François en explicitant des intuitions souvent vagues de chacun. Ces maisons sont le lieu de l’auto-éditorialisation, et vite il s’y crée un espace social (d’invitations, de liens, de commentaires, de recommandations). Ce contexte définit une certaine granularité : celle du lieu, on y est ou on est ailleurs, et les choses qui y sont ensemble constituent une identité. Mais si on restait dans l’immense collection des lieux des individus et de leurs liens, il manquerait quelque chose d’essentiel à la culture numérique, que je vais discuter dans le cas particulier de la création littéraire. Ce quelque chose ce sont des entités (groupes informels, collectifs comme Général Instin, revues ou associations comme remue.net ou L’air Nu, mais aussi éditeurs) qui se fixent pour but de faire vivre un certain parti éditorial en suscitant et accompagnant des pratiques créatives et en portant leurs résultats. C’est essentiel pour tout le monde numérique, comme l’a montré Julie Cohen, mais ça l’est particulièrement dans le champ culturel, cf. le séminaire « Éditorialisation » organisé par l’IRI, la revue Sens public et l’Université de Montréal.

Un espace d’éditorialisation dans ce sens là, qui vise à représenter plus que la vision propre d’un individu, à porter collectivement et mûrir un parti éditorial dans la durée, à le faire reconnaître d’un public élargi, ce n’est pas rien de le faire exister et de le faire survivre. Ces trois derniers jours, deux espaces d’éditorialisation précieux se sont fermés : la revue Terra-Eco et les éditions Derrière la salle de bains. Construire un espace d’éditorialisation propre à la littérature numérique comme publie.net tel que l’a créé François Bon en 2008 et tel que sa nouvelle équipe depuis 2014 essaye de le pérenniser et de le développer, c’est un pari insensé et nécessaire. Dans ce genre d’activité, il faut à la fois une mobilisation de l’engagement bénévole, une activité professionnelle continue et intense de quelques-uns et l’intérêt, le soutien d’une communauté élargie. Il faut des modèles commerciaux et se débattre avec un environnement économique et réglementaire qui a été sculpté par la recherche de rentes de certains acteurs peu préoccupés de création à l’âge numérique, mobiliser le soutien participatif y compris celui qui s’exprime dans les abonnements, obtenir des aides publiques. Il faut jouer fortement la carte des droits des lecteurs, qui est aussi celle des auteurs puisqu’ils risquent avant tout de ne pas atteindre leur public potentiel.

Il faut une capacité d’investissement pour explorer toutes ces nouvelles pistes. Une nouvelle offre pour les bibliothèques reposant sur la mise à disposition de fichiers, cela demande des investissements non négligeables en développement et en support humain. Exploiter les synergies entre livre papier et numérique, ce que je défends depuis dix ans face à la double opposition de ceux qui voient le numérique comme la mort de la culture et ceux qui ne comprennent pas l’importance de l’objet, cela demande d’investir dans la vente directe en complément de la diffusion classique et un travail important en direction des librairies. Il faut ces degrés de liberté essentiels qu’apporte le fait d’avoir des ressources propres. C’est là que le fric intervient. Et c’est là qu’il ne suffit pas.

phaigrain-img-gp-smallAvoir des ressources propres pour un temps donné pour compléter ses revenus, c’est pour un projet collectif une aubaine et un danger. L’aubaine ne dure pas, donc il faut en profiter rapidement mais aussi avoir une vision de l’après, d’un nouvel équilibre qu’il est toujours plus confortable de repousser dans un futur vague. Depuis 2014, on a déjà perdu du temps pour diverses raisons. J’ai la chance de pouvoir investir dans une aventure comme celle du nouveau publie.net. C’est principalement grâce au monsieur sur la photo. Il était chimiste. Son oncle aussi, qui avait mis au point un procédé de transformation du papier pour le rendre adapté au tirage de plans (les bleus on disait). Cet arrière-grand oncle avait envoyé son fils et ses neveux exploiter le procédé dans divers pays, une sorte de diaspora économique. Mon grand-père est allé en Belgique, où ma mère est née en 1924. Il y a fondé et développé une PME. Lors de nos visites à Bruxelles, ma mémoire d’enfant y a enregistré pour toujours l’odeur d’ammoniaque. Il est mort en 1960, sept ans après la photo. Il avait 68 ans, une vie de travail acharné et des milliers de paquets de gauloises vertes à son actif. Ma grand-mère a vendu sa société avant que les changements de technologies d’impression ne rendent obsolètes les procédés qu’elle exploitait. Les profits des détenteurs d’actifs financiers à partir des années 1980 ont fait le reste.

Financièrement, on peut juste dire : nous sommes encore là. Mais sur le contenu, nous pouvons en dire beaucoup plus et c’est grâce avant tout aux trois personnes qui travaillent quotidiennement au plus haut niveau de professionnalisme pour publie.net et à toute l’équipe élargie. Depuis 2014, on a fait des choses dont nous pouvons collectivement être fiers : inscrire un peu plus dans la réalité le projet d’être un éditeur équitable dont le fonctionnement implique directement les auteurs ; constituer un petit groupe de réflexion stratégique avec Marie Cosnay, Pierre Ménard, Guillaume Vissac et moi-même ; mettre en place un nouvel environnement de sélection et accompagnement éditoriaux animé par Guillaume Vissac, resserrer notre production avec le choix d’une limite à 25 titres par an et mettre en place une nouvelle lisibilité de cette production avec cinq grands domaines (littérature francophone, monde, art, essais et classiques). Élever la qualité graphique et d’impression de nos livres, grâce à l’implication infatigable de Roxane Lecomte et aux savoirs-faire que nous a transmis Gwen Català. Organiser des événements de lectures et performances qui ont mobilisé significativement notre communauté et nous ont donné de bien belles choses. Commencer à tisser des liens avec un ensemble plus étendu de libraires, grâce au travail de Pauline Briand (en plus des contrats et des relevés de droits d’auteur) et Guillaume encore. Renouer les liens avec les directeurs de collection qui étaient dans une sorte d’expectative et qui manifestent aujourd’hui un enthousiasme qui nous fait chaud au cœur. Et le plus important : les livres parus ou préparés depuis que la nouvelle organisation éditoriale est en place, dont chacun est une source de fierté collective pour notre équipe.

Ce qui reste à faire pour que publie.net soit soutenable au-delà du terme de la fin 2017 auquel je ne pourrais plus y investir qu’à un rythme très réduit est immense et concerne chacune de nos sources de revenus ou de soutiens hors exploitation : les ventes numériques, les ventes papier, les abonnements individuels, les abonnements de bibliothèques et les soutiens publics ou financements participatifs. Rien ne sera possible sans un développement important de la présence des œuvres, des auteurs et de l’équipe dans l’espace public. Bref, si vous lisez ceci, c’est dans vos mains aussi.« 

Tous les livres de Publie.net sont ici.

Et puis, il y a l’amie Sabine qui rédige des notes de lectures si vous ne savez pas quel livre choisir pour commencer : 645 livres disponibles et accessibles via votre futur abonnement…

Rien ne sert de se lamenter contre… L’époque est à la plainte, à la litanie… Il faut agir…  Aider la création contemporaine, aider les auteurs, les maisons d’éditions (numériques) d’aujourd’hui. Comment ? C’est simple : un abonnement et des heures de lectures.

Le dernier livre lu, entendu et vu ? (Une anthologie de poésie contemporaine composée et lue par ses lecteurs. Le numérique peut ainsi faciliter une autre approche des textes.

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Celui que j’attends impatiemment ? Le 11 mai… SURVEILLANCES… drôlement d’actualité…

Vous pouvez lire tous ces livres sur votre smartphone, votre pc, votre liseuse. Et puis, si vous avez envie d’avoir une édition imprimée, il y a Publie.papier

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Rien ne sert de se lamenter… mais poser un acte…

Silence

Jubilation 18 : le marque-page de la Médiathèque de Cavaillon (84)

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Bienvenue !

Tel est le titre d’accueil du marque-page de la Médiathèque de Cavaillon et des bibliothèques du réseau Provence Luberon Durance…

Petit carton d’invitation à destination de :

Bienvenue !

aux dévoreurs de pages,

aux cinéphiles,

aux passionnés d’actualité,

aux mélomanes,

aux amoureux des livres,

aux éternels étudiants,

aux internautes,

aux enfants,

à tous…

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Silence

Jubilations 15 : les dessins de Pedro de Kastro

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Un réseau social comme Facebook peut servir à découvrir des artistes.

Grâce aux judicieux choix d’images de Gunther Martin, un de mes amis facebookiens, j’ai découvert les dessins de Pedro de Kastro, né en 1971 à Lisbonne, dessinateur autotidacte et ancien parachutiste… Il vit au Brésil et se définit comme : voyageur du futur proche…

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Je vous invite à aller voir son travail en suivant les liens ci-dessous.

Tout savoir ou presque sur PDK :

Son site

Son Myspace

Son blog

Sa galerie sur Flickr

Bonnes découvertes

Silence

Jubilation 14 : la Bande son de mon année 2008…

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Ce qu’il y a sur mon ipod et donc sur mes oreilles dès que je veux être peinard,  mettre un son sur les mots des livres que je lis ou sur les images que je vois…

Allain Leprest : Il pleut sur la mer

Allain Leprest : Quand auront fondu les banquises (2008)

Charles Mingus : Mingus ah um

François Couperin par Alexandre Tharaud au piano

Led Zeppelin : houses of the holly

Louis Lucien Pascal : chansons diverses

Loic Lantoine : Badaboum et Tout est calme

Erik Truffaz : out of a dream

Erik Truffaz / Murcof : Mexico (2008)

Ezekiel : tous les albums

Henri Texier : an indian’s week

Joe Jackson : Body and soul

Sigur Ros : tous les albums mais surtout le dernier

Talking heads : Fear of music

Cinematic Orchestra : Everyday et Ma fleur

En attente d’une place pour 2009 (Il me faut un ipod plus gros !) :
Les deux derniers MEDESKI MARTIN & WOOD (Radiolarians I et Let’s go everywhere)
JIMI TENOR & KABU KABU : joystone
NITIN SAWHNEY : london undersound

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J’ai bien entendu écouté beaucoup d’autres cd cette année, mais ceux-là sont ceux que j’écoute en permanence sans me lasser. Le plus dur a été de choisir le Led Zeppelin : mais c’est celui que je préfère en définitive. C’est par celui-ci que j’ai vraiment découvert la force de ce groupe.

J’aime bien écouter un album en boucle jusqu’au moment où l’on connait chaque note qui va suivre… Ayant pris l’habitude de toujours lire ou travailler en musique, certaines sont des sortes de madeleine de Proust. Je ne peux pas écouter Message in the bottle ou Walking on the moon ou encore certains cd de hard rock, sans me souvenir de mon orgie de lectures de science fiction quand j’étais adolescent.

Je n’arrive absolument pas à aller télécharger un morceau ou un autre, par ci par là… il faut que j’aime l’album en entier… Ça ne vous le fait pas ?

Et vous ? Qu’avez vous écouté en continu cette année ?

Silence

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Merci, chers lecteurs de ce blog, pour votre fidélité…

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Silence

Recommandation : Brassens par LA CAMPAGNIE DES MUSIQUES A OUIR ERIC LAREINE – LOÏC LANTOINE – JOSEPH DOHERTY

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Si vous ne connaissez pas encore la bande de fondus qui font :

Les ETRANGERS FAMILIERS
Un salut à Georges Brassens

LA CAMPAGNIE DES MUSIQUES A OUIR
ERIC LAREINE – LOÏC LANTOINE
– JOSEPH DOHERTY
Ce spectacle est une coproduction Les Musiques à Ouïr / Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau

allez jetez un oeil et… puis une oreille… ICI
Silence

Jubilations 12 : la blogoboule de lecture ou plus de 300 blogs de lecteurs !

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Parfois, lors de nos rencontres de bibliothécaires ou à la pause café de notre bibliothèque, on entend sur le registre de la désolation :

ouais, plus personne ne lit ! Ou encore : le livre c’est mort, les usagers viennent en bibliothèque pour emprunter de la musique ou des films…

Et pourtant…

Pendant ce temps…

Au cours de ses pérégrinations sur le net, une bibliothécaire de France (Oiselle) a recensé dans  la blogoboule de lecture (un univers netvibes) plus de 300 blogs francophones de lecteurs passionnés.

blogoboule

Son univers netvibes était associé à un blog qu’elle a arrêté pour diverses raisons le 1er novembre. Ce que je regrette.

Sur un blog, un des avantages, est d’enrichir par des billets les découvertes que l’on fait, de proposer des angles, de réunir des informations qui semblent éloignées, éloignées seulement.

Un agrégateur de flux RSS (comme cet univers netvibes) est un outil fabuleux de veille, pour ne rien oublier mais ce n’est finalement qu’un amas de flux. On cherche en vain, le commentaire.

Remarquez  choisir tel ou tel blog pour faire sa veille c’est déjà faire du commentaire, mais discrètement. Comme une politique documentaire qui ne ferait pas de médiation de ses collections…

Parfois, la bibliothèque se meurt d’être trop discrète !

Elle aurait besoin d’affirmer un peu plus ses choix, d’expliquer fièrement ce que l’on nomme dans notre jargon « sa politique documentaire ».

On n’a pas non plus le temps de tout lire. Le numérique apporte un plus en réunissant sur une plateforme fédératrice toutes les informations que l’on souhaite. Alors on peut picorer. Faire son marché du samedi matin. Emprunter des chemins buissonniers. Oiselle est notre Ariane dans ce dédale de blogs !

Le blog permet aussi autre chose : du coup de cœur, de l’humeur, de l’enthousiasme, des commentaires, de l’échange et du partage d’un lecteur vers d’autres lecteurs (qui peuvent être nos usagers ou pas).

En découvrant la richesse de tous ces blogs, véritables critiques passionnées, on peut avoir chaud au cœur. On peut aussi se demander pourquoi la bibliothèque n’est pas un lieu fédérateur de ces pratiques de lectures, lieu de rencontre de cette communauté de lecteurs qui aime écrire sur ce qu’elle a lu.

L’antique club de lecteurs de la bibliothèque pourrait peut-être trouver là une énergie nouvelle. La blogoboule de lecteurs pourrait être sa nouvelle appellation !

Ce qui serait important : réunir ces lecteurs qui s’expriment sur le net par l’intermédiaire d’un blog. La bibliothèque devrait accueillir ces voix sans vouloir les contraindre à un consensus mou. Pour créer du lien social. Dans ce lieu social qu’on appelle une bibliothèque…

Ces blogs ne sont-ils pas des sortes de bouteilles jetées à la mer  par ces lecteurs qui attendent un contact, qui ont envie d’échanger ? Cela devrait nous interpeler, nous, les bibliothécaires ? Vous ne trouvez pas ? Certains de ces lecteurs, ce sont même réunis sur une carte de géolocalisation « Lecteurs Blogueurs Francophones » sous la direction d’une certaine Madame Charlotte.

Je suis persuadé que la lecture a encore de beaux jours devant elle,  même si une certaine lecture  « zapping » sur écran grignote notre temps et nos moments de rencontres avec les autres. Le lieu bibliothèque n’est pas encore assez le lieu d’échanges et de partages qu’il devrait être.

Deux ouvrages qui viennent de paraître, que je vous encourage à lire, démontrent que lors de situations dramatiques (crises existentielles personnelles, crises économiques ou guerres), le désir de lecture et sa pratique ont été renforcés voire ont permis à des personnes en difficulté à trouver une raison de ne pas désespérer.

Il s’agit de :

Livres pillés, lectures surveillées – Les bibliothèques françaises sous l’Occupation / Martine Poulain. – Paris, Gallimard, 2008.

et de

L’art de lire ou comment résister à l’adversité / Michèle Petit. – Paris, Belin, 2008.

Dans ces deux livres, plusieurs exemples montrent qu’en cas de situation désespérée, comme l’occupation allemande pour le premier opus, les gens éprouvent le besoin de lire, de retrouver le chemin des bibliothèques, de prendre du temps pour réfléchir à la situation. Martine Poulain donne des exemples de fréquentation de la BNF en hausse pendant la guerre. Quant à Michèle Petit cite un autre texte de… Martine Poulain évoquant la crise des années 30 aux Etats-Unis : « Parfois, les sans emploi demandaient à la lecture de leur permettre de se distancier du réel et de leur propre situation, ils lui demandaient de les  emmener « hors du monde ». « 

Si se retrouver « Hors du monde » est un des buts assigné à la lecture.  Michèle Petit remarque que «  la lecture est un art qui se transmet plus qu’il ne s’enseigne « . Alors un des rôles de la bibliothèque n’est-il pas de permettre la transmission des savoirs, des connaissances ou plus modestement des émotions des lecteurs vers d’autres lecteurs ?

Tous ces blogs nous font des clins d’œil… Bibliothécaire, où es-tu ?

Silence

Déjantés de l’été : Mandarine & cow

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Jacques Azam est l’auteur d’une bande dessinée : Chico & Mandarine (Milan) qu’il a récemment adaptée en dessin animé. C’est l’histoire d’ une famille complètement déjantée (surtout la mère, inventrice) qui recueille une… vache. Le père absent est symbolisé par un téléphone. La fille est obsédée par la propreté…

Sur le blog, vous saurez tout.

En ce moment, ca passe à la tivou sur France 3 aux alentours de 10H.

Mais place à la folie !

En-dessous, c’est le premier de la série pour comprendre pourquoi la vache parle :

Le clip de la fête de la musique :

A Zoolywood

Amusez-vous bien !

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Silence

Jubilation 10 : « Si un livre vous ennuie, ne le lisez pas » (Jorge Luis Borges)

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« Je crois que la formule « lecture obligatoire » est un contresens ; la lecture ne doit pas être obligatoire. Parle-t-on de plaisir obligatoire ? A quoi bon ? Le plaisir n’est pas une obligation, c’est une quête. Bonheur obligatoire ! Le bonheur aussi est une quête. J’ai été professeur de littérature anglaise pendant vingt ans à la faculté de philosophie et de lettres de l’université de Buenos Aires. J’ai toujours donné ce conseil à mes étudiants : si un livre vous ennuie, abandonnez-le ; ne lisez pas un livre parce qu’il est fameux, ou moderne, ou ancien. Si un livre vous semble ennuyeux, laissez-le ; même si ce livre est le Paradis perdu – qui pour moi n’est pas ennuyeux – ou Don Quichotte – qui pour moi ne l’est pas davantage. Mais si un livre vous ennuie, ne le lisez pas ; c’est qu’il n’a pas été écrit pour vous. La lecture doit être une des formes du bonheur : voilà pourquoi je conseillerais aux possibles lecteurs de mon testament – que je n’ai d’ailleurs pas l’intention de rédiger – de lire beaucoup, de ne pas se laisser effrayer par la réputation des auteurs, de rechercher un bonheur personnel, un plaisir personnel. Il n’y a pas d’autre façon de lire. »

Jorge Luis Borges dans Borges para millones, entretien à la bibliothèque nationale de Buenos Aires en 1979.

Parfois, on tombe sur ce genre de texte… et on est content…

Silence

Jubilation 9 : fondus de typologies, de classements et de classifications ? Vous vous reconnaissez… vous n’êtes pas seul !

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Penser… Classer… Penser… Classer… une obsession des bibliothécaires ?

Pas seulement… ouf !

Fondus de typologies, de classements et de classifications, vous devriez aller faire un tour sur le site :
LE MONDE DU CLASSEMENT

c’est une petite merveille… de poésie… si, si…

Même si il explique ceci :

« La taxinomie (du grec taxis : rangement et nomos : loi) est l’étude théorique de la classification, de ses bases, de ses principes, des méthodes et des règles. A l’origine le terme « taxonomie » (crée par A. P. de Candolle dans sa théorie élémentaire de la botanique, 1813) ne s’intéresse qu’à la classification biologique.
Aujourd’hui on préfère appeler l’étude de la classification des êtres vivants : systématique
tandis que la taxinomie ou taxonomie (par confusion) élargie son champ d’application aux objets de la pensée.

Mais il existe beaucoup de synonymes pour désigner un classement : typologie, indexation, rangement, hiérarchie, catalogue, classification (la classification suggère la méthode tandis que le classement en est le résultat).
De même que les mots désignant les éléments d’un classement : critère, ordre, taxon, catégorie, classe, groupe, espèce, famille, genre… »

Reste la question de l’utilité de la catégorisation. Pour cela, considérons notre pensée et son fonctionnement. Ce dernier nous apprend qu’il est nécessaire de classer les informations qui nous parviennent pour pouvoir les manipuler.
En effet, notre cerveau simplifie nos perceptions de l’environnement ou les réflexions de notre pensée en regroupant par similitudes les objets ou concepts.
Dans le cas contraire, nous deviendrions totalement inefficaces de part la quantité incroyable d’informations que nous traitons chaque seconde.
C’est pourquoi il est indispensable de sélectionner et hiérarchiser pour pouvoir prendre une décision.
Les classements nous donnent donc une représentation simplifiée et ordonnée de tout domaine de connaissance.
Enfin, les classements permettent la mémorisation de toute information. Ils sont essentiels à toutes les étapes (acquisition, stockage, accès) et les différentes catégories dans lesquelles vous rangerez vos propres connaissances vous aideront à ne rien oublier
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L’auteur, Thomas Heitz, est chercheur en informatique avec comme domaines d’intérêt : l’informatique, la linguistique, la philosophie et la connaissance. Vous pouvez consulter son site personnel ou son site professionnel.

Ce site est orienté vers la représentation des connaissances. Il fait partie d’un projet dont l’objectif est l’utilisation efficace des connaissances. L’acquisition ainsi que l’accès aux connaissances sont aussi traités dans ce projet. Si ces sujets vous intéressent n’hésitez pas à lui écrire pour en discuter.

Découvert grâce au message de biblio.fr d’ Yves Desrichard de la BIU de Montpellier… Merci…

Silence

Jubilation 8 : un enregistrement audio de 1860 datant de l’époque de Charles Baudelaire !

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En 1857, Charles Baudelaire publiait ses fleurs du mal ! J’aime beaucoup les fleurs… les clins d’œil et les nuages… et le clair de lune…

En 1860, un parisien du nom d’ Édouard-Léon Scott de Martinville, enregistrait le tube centenaire : « Au clair de la Lune ». Il avait réussi à retranscrire des ondes sonores sur une feuille de papier noircie par la fumée d’une lampe à huile. Presque de la poésie…

Les retranscrire, mais pas les réécouter. C’est chose faite : des ingénieurs américains ont réussi à « faire parler » cet exceptionnel document. Fabuleux, non ?

Pour écouter ce moment de bravoure, voici l’article du New York Times.

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Ils détronent ainsi Thomas Edison pour la première place de celui qui enregistra le son. Faut dire que Edison a plutôt mauvaise réputation : un petit peu voleur d’inventions des autres mais assurément grand visionnaire des possibilités des dites inventions.

Ainsi va la vie… entre les rêveurs et les terre-à-terre…

Cela n’a pas beaucoup d’importance… finalement… si on y réfléchit…

Tristesse de la lune.

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

(Les Fleurs du Mal / Charles Baudelaire. – 1857)

Information signalée par Gilles Rettel sur discothécaires.fr…

 Silence

Jubilation 7 : éloge de la lenteur par Jean-François Manier, éditeur

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« Au risque de n’avoir plus à déguster, dans un avenir proche, qu’une littérature « fast-food », il me paraît urgent de résister aux pouvoirs grandissants des gestionnaires de la culture. Le livre est un tel enjeu qu’il exige d’autres critères de valeur que sa seule vitesse de rotation. Et je crois même que son irremplaçable richesse tient à ses lenteurs, à ses pesanteurs.

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Ce sont ces contraintes qui font du livre cette liberté qui dure. Oui, il faut un autre temps pour le livre : un temps pour l’écrivain face à son oeuvre, pour l’artisan face aux papiers, aux encres, le temps aussi pour le bibliothécaire en ses choix, le libraire en son commerce, comme pour le lecteur en son plaisir. Le temps, sans doute, que mûrissent les rencontres, que s’accomplissent les imprévisibles métamorphoses. Le temps du lent émerveillement.

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Celui de l’urgence d’aimer. »

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Recopié d’une carte postale éditée par Jean François Manier, Cheyne éditeur, 43400 Chambon-sur-Lignon

Regards sur la littérature israëlienne : salon du livre mars 2008

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Si comme moi, vous n’avez pas pu vous rendre au Salon du Livre, le site Akedem a eu la très bonne idée de filmer les rencontres avec les écrivains israéliens et de les mettre à disposition sur le site.

Une heure avec les écrivains, c’est ici.

et

Toutes les tables-rondes sont !

Face à cette scandaleuse polémique de boycott, il faut comme à chaque fois dans ce genre d’instrumentation, retourner aux textes des écrivains, écouter leurs voix…

Deux mots en réponse contre les dialecticiens et les faiseurs de morts : l’écoute et le dialogue… seule route possible…

La polémique tue la lumière…

Silence

Jubilation 6 : Quichotte et les invincibles, un spectacle d’Erri de Luca

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Attention Talents

Conjuguez au présent l’écrivain Erri de Luca,

les musiciens Gianmaria Testa et Gabrielle Mirabassi,

mettez les autour d’une table avec une bonne bouteille

des guitares, une clarinette

cela donne un spectacle : Quichotte et les invincibles

et le nouveau livre-DVD d’Erri de Luca qui vient de paraître aux éditions Gallimard

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Courrez-vite chez un de mes libraires préférés ou vers le votre…

impossible de ne pas être touché par la grâce de ces trois bonshommes …

 Silence

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En savoir plus, le Myspace de Gianmaria Testa… qui prépare aussi un disque hommage à Léo Ferré

Enfin, un site remarquable sur Erri de Luca,

sans oublier le numéro 39 de juin-août 2002 du Matricule des Anges.

Silence

Jubilation 5 : quand la bibliothèque participe aux débats de la société, cela s’appelle le point G !

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Nouvelle initiative inaugurée par les bibliothèques de Lyon : la création du nouveau site Point G : centre de ressources sur le Genre, identités, sexualités, mémoire gay et lesbienne.

Quand la bibliothèque participe aux débats de la société sur l’acceptation des minorités, cela donne un centre de ressources autour de cette notion nommée encore par le doux euphémisme de Genre. Mais, enfin, saluons cette initiative courageuse, il s’agit de comprendre et de ne pas juger. Voilà donc une nouvelle illustration de l’utilité des bibliothèques pour ceux qui en doutent parfois. Quand la bibliothèque crée du lien, de l’écoute, de la compréhension…pour lutter contre les discriminations en tout.. genre.

Saluons sur nombres d’objectifs communs, la création récente de la Halde : Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, autorité administrative indépendante née de la loi du 30 décembre 2004.

Au départ de ce projet, il y a le don d’une collection importante : « en 1992, le collectionneur Michel Chomarat déposait à la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL) un important fonds constitué d’affiches, estampes, imprimés, archives… anciens et modernes. Bien que couvrant différents domaines, ce fonds dispose d’une importante documentation concernant l’homosexualité.  » La page histoire du centre résume ensuite le chemin pour déboucher sur le site d’aujourd’hui.

La BML explique son projet : « porteuse de ce double enjeu, d’une part la nécessité vitale de mémoire et de visibilité et d’autre part, la réflexion sur les frontières identitaires, la BmL ne prétend pas se substituer aux agents sociaux que sont les individus et collectifs oeuvrant sur le terrain, qu’ils soient médiatiques ou « underground ». L’invention sociale ne s’accomode guère de l’atmosphère confinée des silos de conservation. Toutefois, si l’institution tend à figer, le service public garantit représentativité et transmission. D’un côté, un potentiel infini d’expérimentations au risque de l’isolement et de la précarité, de l’autre les moyens de la pérennité et de la reconnaissance au risque d’une nouvelle histoire « officielle » normative. Ces deux sphères d’activité sont donc irréductibles et complémentaires. Il est sain qu’elles entretiennent une coexistence libre et féconde. Au-delà de sa mission de conservation, la Bibliothèque municipale de Lyon, notamment via le Centre de ressources sur le genre, est un espace particulièrement accessible au cœur d’un réseau de sociabilité urbain : un espace commun et donc de communication.« 

A noter que l’université Lumière de Lyon 2 dispense une formation universitaire sur le genre : « La formation spécifique dans le domaine du genre vise à introduire les étudiant-e-s de toutes les disciplines aux problématiques liées à la construction des identités sexuées, du masculin et du féminin, aux représentations culturelles et symboliques de la différence des sexes et à leur traitement dans les langues, enfin à la situation sociale différente et dissymétrique des hommes et des femmes. Elle intéresse tout particulièrement ceux et celles qui se destinent à des carrières dans lesquelles ces questions se posent quotidiennement et de façon cruciale, c’est-à-dire spécialement (mais sans exclusive) dans les domaines suivants : l’éducation et la formation au sens large, la culture, le travail social, les ressources humaines, les professions du soin et de la justice.« 

Qu’ensuite, les signets de la Bibliothèque Nationale de France proposent également une sitothèque qui enrichera vos réflexions sur ces sujets.

Pour être presque complet, wikipédia possède un article sur ces gender studies : le terme américain pour ces études sur le genre.

Ah, j’oubliais de citer mes sources : « comprendre et ne pas juger » c’était la devise de cet écrivain nommé Georges Simenon… Et, elle est de circonstance quand on aborde aux rivages des différences…

Silence… euh, non justement…