Fermons les bibliothèques !

Publié le Mis à jour le

Oui, FERMONS LES BIBLIOTHEQUES pour éveiller le désir des lecteurs... Ce n’est pas moi qui le dit… mais Amos Oz, dans le Grand Entretien qu’il donne à Alexis Lacroix dans Le Magazine Littéraire de février 2010 :

« Quand j’étais professeur dans un lycée, j’essayais d’éveiller l’appétit pour la littérature chez mes élèves. Je leur expliquais que lire était comparable à un processus érotique. Quand on prend un livre que l’on n’a jamais lu, on déchiffre le titre, on regarde la couverture, on l’ouvre, on le parcourt, parfois on le sent, on le renifle, et puis on commence. Et là, c’est une affaire d’alchimie personnelle entre le lecteur et l’écrivain. Dès la première page, ça prend ou ça ne prend pas. Tout commence par cette aventure charnelle. Peut-être la lune de miel entre les lecteurs et le livre appartient-elle à une époque révolue  Si cela devait être le cas, il subsisterait toujours une minorité passionnée. Et si un jour on fermait toutes les bibliothèques, il y aurait des lecteurs en manque qui s’y introduirait  par effraction ! « 

Chiche !

Silence

3 réflexions au sujet de « Fermons les bibliothèques ! »

    dbourrion a dit:
    dimanche 31 janvier 2010 à 5:03

    Non, ça ne marcherait pas – cette idée est typique d’une pensée fonctionnant dans le modèle de l’économie de la rareté… Aujourd’hui, on pourrait parfaitement fermer toutes les bibliothèques sans que l’offre de lecture diminue…

    Lully a dit:
    lundi 1 février 2010 à 9:44

    La réponse de Daniel me semble intéressante, et tout à fait justifiée. Mais j’ai tendance à penser que si nous fermions les bibliothèques, on ne pourrait pas estimer que leurs anciens utilisateurs s’en passeraient sans même s’en rendre compte.
    En revanche, se recréeraient spontanément (et plus facilement qu’il y a 50 ans) de nouveaux réseaux « sociaux » d’échanges d’ouvrages, soit en partant du bookcrossing, soit d’autres pratiques (groupes LibraryThing, groupes Facebook), pour retrouver la possibilité d’accéder à des ouvrages papier sans avoir à les acheter.

    Bien sûr, demain, les readers se multiplieront et le support imprimé n’aura plus le même niveau de nécessité. Donc l’échange pourra se faire aussi en ligne.
    Mais, Daniel, cela signifie que le lieu bibliothèque est finalement une option qui n’a que peu de rapport avec la consommation des collections qui s’y trouvent ?
    Je veux dire : si l’échange se passe en ligne, que je peux emprunter à autrui très facilement un livre pour le lire sur mon reader, ai-je ainsi complètement compensé la frustration qu’a suscité en moi la fermeture de ma bibliothèque ?
    Ou bien les lieux où se retrouvent les lecteurs (aka bibliothèques) vont-ils eux aussi se reconstituer ? (cafés littéraires, réunions Tupperware, Twittparty, etc.)

    dbourrion a dit:
    lundi 1 février 2010 à 1:58

    Je pense que la bibliothèque comme entrepôt de stockage qui peut dormir sur ses lauriers en tant qu’entrepôt unique, est morte. Qu’elle est morte aussi comme lieu de consommation du livre physique (puisque le numérique va remplacer ce dernier).
    Bref, qu’elle peut encore survivre comme lieu social, mais pas plus ni moins qu’un café littéraire, une réunion Tupperware, etc…
    Tout mon propos ici, en réaction à la citation d’Oz, et à pas mal de discussions que je peux avoir, c’est « Cessons de croire que les bibliothèques ont une raison particulière d’exister et de continuer à exister (genre, par essence divine)… Ce n’est pas le cas… Par contre, nous avons sans doute des raisons d’exister. Reste à trouver lesquelles 😉 « 

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