LA LIBRAIRIE INDEPENDANTE : CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE

Publié le Mis à jour le

Vous habitez où ? Reste t-il dans votre ville une vraie librairie ? Une librairie qui ne vendrait pas (uniquement, soyons réalistes) que des piles d’office envoyés par les zéditeurs de Paris ? L’indispensable BHL-MH ? Ah, vous ne saviez pas, ils ne s’aiment pas et ils le disent : de vrais rebelles ! Mince, comment ai-je pu vivre sans avoir les leçons de vie de ces deux êtresvains…euh… pardon… écrivains ?

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Je relaie la pétition ci-dessous pour la défense d’une librairie de BD de Bordeaux : Oscar Hibou.

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« A l’heure où les institutions affirment leur volonté de soutenir la librairie indépendante, à l’heure où notre ministre de la Culture, Christine Albanel, à grand renfort de communiqués et rapports semble en faire une priorité; une toute autre réalité, en totale contradiction avec les discours et ces beaux principes, s’établit, lentement mais sûrement. Une réalité cruelle mais qui semble devenue implacable, inéluctable… et ce malgré les efforts développés par l’Arpel dans notre région qui fait tout son possible, avec les moyens dont elle dispose, pour défendre cette profession.

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LA LIBRAIRIE INDEPENDANTE : CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE

LE CAS OSCAR HIBOU


Est-il bien indispensable de rappeler les atouts de la librairie indépendante, la nécessité de sa persistance sur le double maillage urbain et culturel ? Dans le doute, offrons-nous ce luxe, histoire de nous rafraîchir les esprits…
Car ces établissements et leurs équipes, certes commerces de proximité, au rôle social avéré, ne se bornent pas seulement à vendre des livres. Leur rôle et leur implication est bien au-delà de cette seule activité. Ces petites entreprises, souvent spécialisées, sont aussi de véritables acteurs de la vie culturelle, partie-prenantes dans la participation et l’organisation de manifestations et temps forts divers. Leurs libraires sont des partenaires précieux pour l’ensemble des acteurs du livre, des bibliothèques aux artistes, en passant pas les éditeurs pour ne citer qu’eux. Ils effectuent un véritable travail de sélection, de mise en valeur des créateurs locaux, des petites maisons d’édition, etc. Nous allons tous dans ces librairies pour être conseillés, passer un moment convivial, échanger, faire des découvertes, débattre ou au contraire se retrouver dans un univers emprunt d’intimité… Qui n’a pas rencontré un auteur ou une oeuvre grâce à son libraire ? Qui n’a jamais fais la connaissance d’un livre-trésor ou même d’un livre-ovni grâce à son libraire ? Etc, etc, etc. Donc comment prouver davantage que ces professionnels sont indispensables au fonctionnement de ce grand concept de démocratisation culturelle (certes souvent mis à mal, auquel parfois beaucoup ne croient plus) et surtout luttent contre l’uniformisation de la culture ?
Car c’est bien de ce danger dont il s’agit, une menace qui plane et s’installe et risque de régenter le livre comme elle l’a fait pour la musique et plus spécifiquement le disque. Est-ce bien cela que nous voulons puisque c’est vers cela que nous tendons ?
Pouvons-nous sincèrement croire qu’une grande surface culturelle ou même le numérique_qui se profilent comme les deux ultimes options_ pourra nous apporter autant de richesse, de diversité et d’humanité ? Certes non. Et pourtant, la véritable librairie indépendante est en train de disparaître. Le prix unique du livre, récemment chahuté, semble sur la sellette. La masse éditoriale est devenue titanesque. La rotation des stocks, la durée de vie d’un titre et les politiques bancaires sont carrément ubuesques !… Et c’est bien l’ensemble de ces paramètres, en vrac, qui sont en train de faire chavirer la Culture et sa cohorte de métiers. Le livre serait un produit de consommation comme les autres ?
Nous avons vu récemment fermer Bédélire, une véritable institution bordelaise dans la bande-dessinée. Certes, cela nous a très sûrement attristés… Ciné Folie est en train de liquider. C’est bien dommage ! Et c’est bientôt au tour de la Librairie Oscar Hibou (là encore une institution), lâchée par ses partenaires bancaires. Et nous ne parlons que de Bordeaux, qu’en est-il des autres villes, de l’ensemble du territoire national ?

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Pensant que nous n’avons pas encore raté complètement le coche et refusant de croire à toute forme de fatalité, nous appelons tous ceux qui partagent ce sentiment à se mobiliser : qu’ils soient professionnels du livre, bibliothécaires, auteurs, acteurs de la vie culturelle, amateurs de livres, clients, passionnés ou tout simplement citoyens… Car notre démarche, loin de toute pensée élitiste, vise simplement à défendre la dernière librairie indépendante qui a contribué a faire de Bordeaux une place importante de la bande-dessinée, même si à travers cela nous défendons, comme cette librairie le fait chaque jour, une certaine (belle) idée de la Culture.
Merci à chacun de mettre en oeuvre tout ce qui est en son pouvoir pour aider la Librairie Oscar Hibou à ne pas fermer ses portes et aller plus loin dans son entreprise
. »

Le Comité / collectif pour Oscar Hibou

Envoyez votre e-mail de soutien comportant vos nom, prénoms, commune de résidence à :

pouroscarhibou@gmail.com

Ou

en cliquant ICI.

Merci

Silence

3 réflexions au sujet de « LA LIBRAIRIE INDEPENDANTE : CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE »

    Andréa a dit:
    mercredi 8 octobre 2008 à 7:17

    Merci Silence de porter à notre connaissance cette pétition, et de publier ce commentaire dont le but est d’attirer l’attention de celles et ceux qui liront, sur la richesse du texte de cette pétition.
    En prenant le temps de la lire en détail, on remarque qu’elle est très très bien faite, en ce sens qu’en une page, elle expose la situation du livre, et pose la question que chacun devrait toujours avoir en tête :
    « Le livre serait un produit de consommation comme les autres? »
    Je la signe bien sûr. Et je l’imprime comme texte sérieux qui, en parlant de la librairie Oscar Hibou de Bordeaux, nous fait penser aux librairies qu’on aime…

    FB a dit:
    mercredi 8 octobre 2008 à 5:57

    Bravo pour cette initiative ! Oui, il faut défendre les librairies indépendantes tenues par de vrais libraires passionnés de lecture, compétents, ouverts au dialogue et à l’échange et non par de simples commerçants dont l’unique but est de vendre les derniers ouvrages pour beaucoup formatés et publiés par les grands éditeurs de la capitale. Mobilisons-nous tous pour soutenir l’activité des libraires indépendants et faisons en sorte d’acheter chez eux nos livres…

    LICHENSKY a dit:
    jeudi 15 janvier 2009 à 2:36

    Pensons aussi aux générations futures… Penseront-elles pouvoir prendre le relai, quand nous voyons que déjà aujourd’hui, les librairies indépendantes ferment?

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