Merci, chers lecteurs de ce blog, pour votre fidélité…

Silence
Samedi 3 janvier 2009
Merci, chers lecteurs de ce blog, pour votre fidélité…

Silence
Vendredi 12 décembre 2008
J’ai un jour, fréquenté, pendant deux années passionnantes, l’IUT 2 de Grenoble, pour apprendre le métier de bibliothécaire… C’était pas mal… Depuis, j’interviens comme formateur dans celui d’Aix-en-Provence : voir le blog des Métiers du livre.
Aussi je relaie ici les inquiétudes actuelles qui se trouvent fédérées sur le blog : sauvons les IUT… et au delà.
“La vocation de ce site est de centraliser les informations sur la mobilisation dans les IUT. Il est alimenté par la coordination nationale des personnels (enseignants et non-enseignants). Vous trouverez aussi sur ce site des éléments d’information sur des projets qui “dépassent” un peu le cadre strict des IUT mais que le “paquet” LRU rend (malheureusement) indissociables.”



Le mardi 16 décembre, une nuit des IUT est organisée. Pourquoi ?
“Le Mardi 16 Décembre, devant l’échec des négociations entamées avec le ministère, et plus que jamais soucieux de préserver la qualité reconnue de leur formation et de leurs diplômés, les IUT de France organisent une “Nuit de défense des IUT”. Personnels enseignants et non-enseignants, étudiants et anciens étudiants, parents d’étudiants, partenaires industriels et associatifs sont invités à nous rejoindre sur le campus, dès 20h, pour y passer la nuit dans le cadre d’une “occupation pacifiste et citoyenne”. Cette “nuit de défense” sera agrémentée de tables-rondes, de débats et autres points d’information pour faire entendre nos arguments.”
A nous de jouer !
Silence
Mardi 9 décembre 2008
“Nous vivons, paraît-il, à l’ère de l’internet et de la communication virtuelle. Cela est bien, mais que valent ces stupéfiantes inventions sans l’enseignement de la langue écrite et sans les livres ? Fournir en écrans à cristaux liquides la plus grande partie de l’humanité relève de l’utopie. Alors ne sommes-nous pas en train de créer une nouvelle élite, de tracer une nouvelle ligne qui divise le monde entre ceux qui ont accès à la communication et au savoir et ceux qui restent les exclus du partage ? De grands peuples, de grandes civilisations ont disparu faute de l’avoir compris. Certes de grandes cultures, que l’on dit minoritaires, ont su résister jusqu’à aujourd’hui, grâce à la transmission orale des savoirs et des mythes. Il est indispensable, il est bénéfique de reconnaître l’apport de ces cultures. Mais que nous le voulions ou non, même si nous ne sommes pas encore à l‘âge du réel, nous ne vivons plus à l’âge du mythe. Il n‘est pas possible de fonder le respect d’autrui et l’égalité sans donner à chaque enfant le bienfait de l’ecriture.”
Le discours entier est ici.
Silence
Mardi 2 décembre 2008
Si vous ne connaissez pas encore la bande de fondus qui font :
Les ETRANGERS FAMILIERS
Un salut à Georges Brassens
LA CAMPAGNIE DES MUSIQUES A OUIR
ERIC LAREINE – LOÏC LANTOINE – JOSEPH DOHERTY
Ce spectacle est une coproduction Les Musiques à Ouïr / Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau
allez jetez un oeil et… puis une oreille… ICI
Silence
Vendredi 28 novembre 2008
Un lipdub ?
C’est quoi ?
C’est Arnaud Chepfer de la MD68 qui explique sur la liste Discothécaires.fr :
“Les collègues d’une boite, les élèves d’un lycée ou les membres d’un service se réunissent. Ils mettent au point une chorégraphie façon comédie musicale sur un titre de pop assez connu.
Ils se filment en un seul plan-séquence de la longueur du titre, plus il y a d’acteurs et plus il y a d’effets et mieux c’est.
Actuellement, il y a un concours mondial via Youtube et Dailymotion, des paquets de vidéos sont envoyées.
Il y en a des marrantes, faites avec trois bouts de ficelles et d’autres qui sont de véritables chefs d’œuvres comme les deux ci-dessous, celle de l’IUT de Rouen arrive dans les meilleures mondiales “
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et celle de l’IUT de ROUEN :
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Pour en savoir plus, un article de l’Express.
Le lipdub est né en 2007 aux Etats-Unis. Afin de motiver les troupes, rien de tel que de tourner un clip sur son lieu de travail en effectuant un playback sur un air connu !
Mais ça pourrait aussi être une chouette idée d’animation avec les mômes en Médiathèque ? Vous ne trouvez pas ? Ça bousculerait un peu notre image ?
“Ouais, la pêche” comme dirait les gars de La chanson du dimanche.
Qui l’a déjà fait en bibliothèque ?
Silence
Mercredi 26 novembre 2008
Un billet pour vous conseiller deux revues :
“Demain, jeudi 27 novembre, est une date importante dans l’histoire de nonfiction.fr, marquée par la sortie en kiosque du premier numéro de nonfiction, le magazine des livres et des idées.
Après une année d’existence, au cours de laquelle nonfiction.fr a pu faire valoir sa qualité, son sérieux et son approche originale des thèmes d’actualité, nous avons décidé de franchir une nouvelle étape avec le lancement d’un magazine. Du virtuel vers le réel, le papier devient ainsi une extension de l’Internet, une autre manière de faire vivre et de diffuser nos contenus mais aussi de les enrichir par l’apport d’arficles inédits.
Fidèles du site depuis son lancement ou nouveaux venus, nous vous invitons à porter aujourd’hui un nouveau regard sur nonfiction.
Sur des sujets aussi essentiels que la crise économique, l’identité de la gauche, le nouveau rôle des États-Unis dans le monde, la compréhension de la Chine dans ses dimensions culturelles et économiques, nonfiction, le magazine des livres et des idées propose une approche originale qui laisse la place et le temps à la réflexion et à l’analyse.”
Vous pouvez déjà voir le sommaire ici.
J’en profite aussi pour faire la publicité de la revue des “excellentes” éditions Amsterdam : la revue internationale des livres et des idées. Dans son dernier numéro, je vous invite à lire un article de Thomas Boivin sur la bande dessinée indépendante : le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit. Thomas Boivin est éditeur à la cinquième couche, un éditeur alternatif de Bruxelles.
Bonnes lectures
Silence
Mardi 25 novembre 2008
En cette saison de prix littéraires en tous genres, il me semblait important de remettre à l’unanimité de ma voix et sans décompte, le prix 2008 de la bibliothéconomie au PS !
En effet, depuis quelques jours, tous les médias et les journalistes sont occupés à chercher le sens de ce mot mystérieux : récolement.
A cause de la désormais fameuse Commission de récolement…
Merci donc au PS d’utiliser les mots de nos boites à outils…
Si vous lisez ce message et que vous êtes (encore) socialiste, n’oubliez pas le refrain de la chanson d’Henri Salvador :
Faut récoler…
Faut récoler…
la la la
Sans rancune
Silence
Mercredi 19 novembre 2008
Aujourd’hui, 18 novembre 2008 sur Facebook, Thierry Guichard (du Matricule des anges) “se demande ce qu’il faut faire pour que les librairies commandent en masse Le petit traité d’éducation lubrique (de Lydie Salvayre, paru aux éditions Cadex) qui rend nos vies sexuelles plus épatantes.”
Cela fait des semaines que j’ai envie d’écrire un billet d’humeur sur les librairies, où plutôt sur ce qu’elles sont devenues…
Alors, cette petite réflexion parue sur le mur facebookien de TG se prête bien à mes humeurs maussades et massacreuses…
Moi aussi, je l’ai cherché ce bouquin !
Je me suis dit, bon, les libraires ne connaissent pas les éditions Cadex, passe encore. Encore que…
Mais, qu’ils n’aient pas commandé le dernier bouquin de Lydie Salvayre, un auteur qui se vend c’est à n’y rien comprendre…
Faut dire que dans ma petite bourgade du sud de la France, nous ne sommes pas aussi bien achalandés que les heureux habitants fréquentant les Sauramps de Montpellier, les A plus d’un titre de Lyon ou la merveilleuse Dérive de Grenoble qui vient de fêter ses 30 ans. Là, je cite des librairies où le livre et les auteurs règnent en maîtres car le libraire n’a pas oublié son métier. Des librairies où l’on peut se perdre ou encore trouver ce dont on a besoin quand on en a envie.
Car, dans les autres librairies, que constate-t’on ? De plus en plus d’amas de poupées de politiciens à transpercer d’aiguilles, des livres présentés comme des légumes dans des cagettes ou toutes ses âneries de bandes dessinées soi-disant drôles sur les prénoms ou autre rayon ensoleillé de BD… La BD ça est marrant !
Alors quand on cherche le dernier bouquin de Lydie Salvayre, un classique comme Bouvard et Pécuchet (Du fonds, monsieur, on peut vous le commander !) ou encore la dernière bande dessinée de Stéphane Blanquet, on ne les trouve pas… Limite, on me regarde avec des gros yeux… Y veut pas m’acheter le dernier Fermine plutôt, parce que j’en ai une sacrée pile !
Parce que quoi ?
Le librairie surnage dans les offices qu’on lui impose, dans les cartons de livres à déballer, les mises en valeur des inestimables livres – pas du tout coup éditorial pour faire de la tune mais vraie rencontre entre artistes rebelles qui souffrent j’ai nommé BHL versus MH – ce genre d’âneries, vous voyez… je me moque, c’est un peu facile, vous en conviendrez… il suffit de passer la porte…
Choix… stratégies des maisons d’éditions… Nos pauvres libraires ne font plus leur métier à cause des factures à payer, des offices qui n’arrêtent plus… fuite en avant dans le tonneau des danaïdes de la consommation… produire, produire… est-ce que ca se vend, toutes ces choses qui encombrent une librairie ?
Sans doute…
Je ne suis pas libraire…
Avant que d’être un acheteur un peu particulier (un bibliothécaire), je suis en premier lieu un amoureux de la librairie et du travail des libraires. Celui qui conseille, qui fait des choix… Pendant plus de 20 ans, une librairie spécialisée en philosophie (Le sphinx) à Grenoble a refusé les offices et elle existe toujours… On y trouve toujours des merveilles…
Comment allez-vous faire, chers libraires, pour résister à Amazon dans cette course poursuite ? A coup sûr, Amazon est la tortue…
Comment allez-vous faire, chers libraires, quand Google va recevoir dans quelques jours la bénédiction juridique de sa numérisation sauvage d’ouvrages (Google books) ? Ce sera un sacré changement, cette autorisation… la fin d’une époque !
Comme nous, pauvres bibliothécaires que nous sommes, vous allez perdre vos derniers usagers face aux possibilités de l’internet et de son offre en ligne qui ne s’arrête jamais de croître.
A moins de…
réagir… de faire ce que vous savez faire…
vendre du livre et pas des emballages qui ressemblent à des livres
proposer davantage de conseil, de la médiation en stoppant toutes ces mises en place de produits manufacturés…
pour revenir à une librairie riche en conseils et nous, à des bibliothèques conviviales, tout autant dispendieuses de promesses et de découvertes.
Les quelques librairies que j’ai citées plus haut le font… Un librairie, Le Bleuet, perdue en Provence le fait déjà à Banon (04), village de 878 hbts avec une librairie de 100 000 ouvrages ! Les raisons de son succès ? “Le bouche à oreille dû à un fonds sans cesse en constitution”, estime le libraire. “Les gens savent que je développe les collections à fond”, dit-il, citant en exemple Babel (Actes Sud, 600 titres), les Cahiers rouges (Grasset, 300 titres) ou encore la prestigieuse collection de la Pléiade. “Je laisse aussi du temps au livre. Contrairement à d’autres librairies où ils sont renvoyés à l’éditeur au bout de trois mois, les livres peuvent rester chez moi quelques années“.
Et si on remettait en valeur le livre ?
Nous sommes responsables en allant acheter nos livres n’importe où, dans les supermarchés de la culture qui petit à petit détruisent la poule aux œufs d’or (Livres qui sont pourtant protégés par une loi sur un prix unique )
A ce jour, je ne l’ai toujours pas mon Lydie Salvayre !
Je viens d’aller le commander chez Bibliosurf… c’est un libraire en ligne, un anti-amazon… un début de solution, sans doute…
Fin temporaire de ce billet d’humeur…
Ajout “positif” du samedi 22 novembre 2008 : une libraire qui expérimente…
“Il y a quelques mois, ActuaLitté s’est fait l’écho de l’idée originale de Danièle GAY, libraire de son état dans le petit village charentais de Saujon (Charente Maritime). Dans la librairie « Lignes d’Horizons », sur la Place de l’Eglise, à deux pas de la Seudre qui coule ses eaux tranquilles vers le bassin de Marennes-Oléron, Danièle a décidé de ne pas rester tranquille du tout et déploie toute son énergie pour faire partager sa passion des livres et de la lecture. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée de créer un Prix Littéraire ! Un autre ? Encore, direz-vous ! Ben, oui ! Mais un Prix un peu particulier. Écoutez plutôt…” Voir la suite sur l’excellent site Actuallité.
Ajout du vendredi 28 novembre 2008 : des libraires qui réfléchissent…
Accueillir le numérique ? Une mutation pour la librairie et le commerce du livre est un blog, ” fruit d’un travail de plusieurs mois d’une commission réunie par l’ALIRE (Association des librairies informatisées et utilisatrices de réseaux électroniques) et le SLF (Syndicat de la librairie française). Point par point, ses auteurs répondent aux grandes questions posées par le développement de l’édition électronique et identifient les défis qu’elle lance aux professions du livre“.
“Pour le livre également, la révolution numérique est en marche. Les libraires français en sont bien conscients et n’entendent pas en rester des acteurs passifs.”
Leur rapport de trouve donc sur ce blog et tente de répondre aux questions suivantes : “ Comment permettre aux libraires de jouer un rôle concret dans le nouvel environnement du numérique ? Y a-t-il un risque de voir disparaître certains prescripteurs traditionnels ? Quel sera l’impact de la numérisation sur l’enrichissement des fonds et sur l’élargissement de l’offre éditoriale ? Comment les auteurs eux-mêmes envisagent-ils l’arrivée du numérique ? Autant de questions posées à tous les acteurs de la chaîne du livre – auteurs, éditeurs, diffuseurs, distributeurs et libraires -, qui ont tout à gagner à accompagner, en douceur, la mutation de leurs métiers en concertation avec les organisation professionnelles et interprofessionnelles qualifiées. “
Juste une remarque – mais on a l’habitude – les bibliothécaires ne sont-ils pas des acteurs de la chaine du livre ?
Silence
(Les photos ne sont pas des montages mais le reflet d’une triste réalité… de la barquette, de l’emballage.. mesdames, messieurs, approchez, il est bon mon fromage !)
Mardi 21 octobre 2008
Nous vous invitons au troisième opus du Comité de lecture régional BD alternative, fruit d’un partenariat entre l’Agence régionale du livre Paca, l’ABF Paca et les rencontres du 9e Art d’Aix-en-Provence.
Rendez-vous donc :
*Le lundi 17 novembre 2008*
*À la médiathèque de Saint-Raphaël, Centre culturel, place Gabriel Peri,*
*De 13 h 30 à 17 h 00*
*www.bm-saintraphael.fr*
Au programme
- Rencontres avec Benoît Jahan des Éditions Groinge, maison d’édition indépendante des Alpes-Maritimes
- Vos coups de cœur, lectures, découvertes
- présentation de la nouvelle rubrique du site internet des Rencontres du 9e Art, dédiée à ce comité de lecture (bibliographies, annuaires des éditeurs BD Alternative, coups de cœur…)
Merci de confirmer votre présence auprès de :
Aurélie Giordano : aurelie.giordano@livre-paca.org
Ou au 04 42 91 65 21
Silence
Vendredi 10 octobre 2008
“La culture en panne de sens” tel était le dossier passionnant de la revue Mouvement opus 48 (Juillet-septembre 2008). Une interview du philosophe Bernard Stiegler introduisait ce numéro : ” Pour une politique sans réserves“.
Bernard Stiegler est partisan d’une économie de la contribution opposée au traditionnel rapport producteur/consommateur : article de pistes et de chemins qui pourraient guider nos pas vers de nouvelles politiques documentaires, vers de nouvelles propositions pour nos publics.
Trois extraits pris au hasard, mais il faudrait citer tout l’article :
« Nous vivons une époque où, du fait de transformations technologiques et industrielles très importantes – Internet, réseaux sociaux, technologies collaboratives, logiciels Open Source, Wikipédia, etc. -, les relations sociales sont en train de muter en profondeur. Cette transformation a des enjeux économiques et politiques immenses, par rapport auxquels les arts et les lettres doivent retrouver leur rôle d’avant-gardes – c’est-à-dire leur véritable sens social, qui n’est ni de distraire, ni de fuir le devenir. »
« La génération des internautes veut être active et participer à la formation de sa culture, et non se contenter de consommer des produits culturels qui rendent inculte. Il y a là une magnifique promesse à laquelle une politique culturelle doit s’articuler très étroitement. L’avenir du développement de l’Europe, de la France et des idées de ce qu’on appelle l’héritage européen passe par là. Sortons enfin de la patrimonialisation qui conduit à l’enterrement de la culture – comme s’il y avait un passé de l’Europe qu’il faudrait protéger de l’avenir et de la modernité ! »
« Je me bats beaucoup pour la renaissance des figures de l’amateur. Nous nous sommes habitués à avoir des publics de consommateurs : que le public consomme nos produits, et nous voilà satisfaits – il y a de l’audience, comme on le dirait à Tf1. Mais ce public, on a perdu toute relation avec lui, et c’est pourquoi ce n’est pas un véritable public. Nous avons intériorisé un état de fait qui a été installé par les industries culturelles qui ont transformé les publics en audiences, et en important le modèle producteur/consommateur qui venait de l’industrie : d’un côté, vous avez des producteurs professionnels (intermittents du spectacle, universitaires, professions para-artistiques en tous genres), et de l’autre, des consommateurs à qui l’on sert ces productions professionnelles, parfois en y ajoutant la sauce de la médiation ».
Pour compléter ces citations, il faut lire cet interview mais vous pouvez aussi naviguer jusqu’au blog de Christian Fauré avec citations, émissions et podcasts sur Bernard Stiegler
Voir aussi le site de l’association Ars industrialis dont les cinq membres sont “convaincus que la situation de désarroi n’est pas une fatalité, et nous voulons contribuer à en produire une intelligence collective, avec pour principale hypothèse de travail l’idée qu’un élément décisif du malaise contemporain – au sens où Freud parla en son temps d’un malaise dans la civilisation – tient à une mutation de ce que nous appelons les technologies de l’esprit, et, en référence à un texte de Michel Foucault (L’écriture de soi, paru dans …), les hypomnémata de notre temps.
En contribuant à l’émergence d’une intelligence collective, entre nous cinq, qui sommes à l’initiative de l’association ARS INDUSTRIALIS, mais aussi bien sûr entre nous et ceux que notre projet intéressera, et en recherchant les possibilités de débattre avec toutes les compétences possibles, toutes les disciplines, et toutes les dimensions de la société, et toutes les nationalités, dont celles d’Europe en particulier, nous souhaitons devenir une force de proposition, et non seulement de réflexion.
Nous sommes convaincus que la pensée aussi bien que la vie de l’esprit en général – la science, les arts, la musique, la littérature, la philosophie, et en fin de compte tout ce qui relève de ce que l’on appelle du mot très usé de « culture » – consiste d’abord à combattre. Combattre la bêtise, et d’abord sa propre bêtise, ou sa propre inculture. Combattre aussi les forces de régression qui encouragent la tendance bête inhérente à chacun d’entre nous.”
Tout un programme définit dans un manifeste de l’association…
Le mot de la fin avec une autre citation extraite de l’interview de Stiegler dans la revue Mouvement :
Silence
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Pour commander le numéro de Mouvement (pas disponible dans tous les kiosques !), cliquez ici.
Mardi 7 octobre 2008
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“A l’heure où les institutions affirment leur volonté de soutenir la librairie indépendante, à l’heure où notre ministre de la Culture, Christine Albanel, à grand renfort de communiqués et rapports semble en faire une priorité; une toute autre réalité, en totale contradiction avec les discours et ces beaux principes, s’établit, lentement mais sûrement. Une réalité cruelle mais qui semble devenue implacable, inéluctable… et ce malgré les efforts développés par l’Arpel dans notre région qui fait tout son possible, avec les moyens dont elle dispose, pour défendre cette profession.
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LA LIBRAIRIE INDEPENDANTE : CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE
Est-il bien indispensable de rappeler les atouts de la librairie indépendante, la nécessité de sa persistance sur le double maillage urbain et culturel ? Dans le doute, offrons-nous ce luxe, histoire de nous rafraîchir les esprits…
Car ces établissements et leurs équipes, certes commerces de proximité, au rôle social avéré, ne se bornent pas seulement à vendre des livres. Leur rôle et leur implication est bien au-delà de cette seule activité. Ces petites entreprises, souvent spécialisées, sont aussi de véritables acteurs de la vie culturelle, partie-prenantes dans la participation et l’organisation de manifestations et temps forts divers. Leurs libraires sont des partenaires précieux pour l’ensemble des acteurs du livre, des bibliothèques aux artistes, en passant pas les éditeurs pour ne citer qu’eux. Ils effectuent un véritable travail de sélection, de mise en valeur des créateurs locaux, des petites maisons d’édition, etc. Nous allons tous dans ces librairies pour être conseillés, passer un moment convivial, échanger, faire des découvertes, débattre ou au contraire se retrouver dans un univers emprunt d’intimité… Qui n’a pas rencontré un auteur ou une oeuvre grâce à son libraire ? Qui n’a jamais fais la connaissance d’un livre-trésor ou même d’un livre-ovni grâce à son libraire ? Etc, etc, etc. Donc comment prouver davantage que ces professionnels sont indispensables au fonctionnement de ce grand concept de démocratisation culturelle (certes souvent mis à mal, auquel parfois beaucoup ne croient plus) et surtout luttent contre l’uniformisation de la culture ?
Car c’est bien de ce danger dont il s’agit, une menace qui plane et s’installe et risque de régenter le livre comme elle l’a fait pour la musique et plus spécifiquement le disque. Est-ce bien cela que nous voulons puisque c’est vers cela que nous tendons ?
Pouvons-nous sincèrement croire qu’une grande surface culturelle ou même le numérique_qui se profilent comme les deux ultimes options_ pourra nous apporter autant de richesse, de diversité et d’humanité ? Certes non. Et pourtant, la véritable librairie indépendante est en train de disparaître. Le prix unique du livre, récemment chahuté, semble sur la sellette. La masse éditoriale est devenue titanesque. La rotation des stocks, la durée de vie d’un titre et les politiques bancaires sont carrément ubuesques !… Et c’est bien l’ensemble de ces paramètres, en vrac, qui sont en train de faire chavirer la Culture et sa cohorte de métiers. Le livre serait un produit de consommation comme les autres ?
Nous avons vu récemment fermer Bédélire, une véritable institution bordelaise dans la bande-dessinée. Certes, cela nous a très sûrement attristés… Ciné Folie est en train de liquider. C’est bien dommage ! Et c’est bientôt au tour de la Librairie Oscar Hibou (là encore une institution), lâchée par ses partenaires bancaires. Et nous ne parlons que de Bordeaux, qu’en est-il des autres villes, de l’ensemble du territoire national ?
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Pensant que nous n’avons pas encore raté complètement le coche et refusant de croire à toute forme de fatalité, nous appelons tous ceux qui partagent ce sentiment à se mobiliser : qu’ils soient professionnels du livre, bibliothécaires, auteurs, acteurs de la vie culturelle, amateurs de livres, clients, passionnés ou tout simplement citoyens… Car notre démarche, loin de toute pensée élitiste, vise simplement à défendre la dernière librairie indépendante qui a contribué a faire de Bordeaux une place importante de la bande-dessinée, même si à travers cela nous défendons, comme cette librairie le fait chaque jour, une certaine (belle) idée de la Culture.
Merci à chacun de mettre en oeuvre tout ce qui est en son pouvoir pour aider la Librairie Oscar Hibou à ne pas fermer ses portes et aller plus loin dans son entreprise.”
Le Comité / collectif pour Oscar Hibou
Envoyez votre e-mail de soutien comportant vos nom, prénoms, commune de résidence à :
pouroscarhibou@gmail.com
Ou
Merci
Silence
Mardi 7 octobre 2008
Je sais que c’est une hérésie…
D’autant plus que j’interviens lors de formations de bibliothécaires sur des thématiques autour du web 2.0 régulièrement…
Je me surprends à penser une hérésie …
Et si nous abandonnions le modèle de la médiathèque pour retourner vers des bibliothèques ne comportant que des livres ?
Les bibliothécaires parleraient de leurs lectures…
Les lecteurs viendraient parler des leurs…
d’autant plus qu’il existe un nombre considérable de blogs de lecteurs
On imaginerait de nouvelles interactivités,
On se rassemblerait dans ce lieu nommé bibliothèque pour échanger, partager… nos découvertes
Ça sert à quoi la littérature ?
On ne viendrait pas forcément emprunter
Les lecteurs viendraient parler des leurs… pour prêter les leurs, mix entre le pass’livre et la bibliothèque
Vous avez remarqué, je suis certain… il existe un nombre considérable de blogs de lecteurs
pas des blogs pour dire : j’aime, j’adore, j’aime pas…
Pour preuve le blog de blogoboule et son univers netvibes : la blogoboule de lecture, entièrement consacrée à des blogs de lecteurs !
Pourquoi la bibliothèque n’est-elle plus le lieu qui rassemble les amoureux de la chose écrite ?
Une hérésie, je vous dis…
Où est-ce que j’ai mis ma tablette d’argile ?
Silence
Mardi 7 octobre 2008
Dans son uchronie nommée “1984“, Georges Orwell avait imaginé une société totalitaire contrôlant la vie privée des membres de la société au moyen d’un écran, le télécran, sorte d’œil violant en permanence l’intimité de l’individu, système largement popularisé par la figure tutélaire de BIG BROTHER (is watching you). J’ai déjà évoqué ce thème du Grand Frère sur ce blog.
Orwell s’est trompé en partie : oui, la société a une tendance “paranoïaque ?” à imaginer des systèmes de contrôle de ses membres. C’est parfois nécessaire dans le cadre du terrorisme ou autres malversations de la vie en communauté. Ce qu’Orwell n’avait pas pensé, c’était l’arrivée d’Internet et encore moins celle des réseaux sociaux. Facebook, MySpace et autres affidés sont une mine de renseignements, du moins je le suppose, pour les services de police du monde entier. Un paradis de l’indiscrétion basé sur le volontariat. Si le projet de fichiers Edvige n’a pas fait florès, le principe de récupérer des informations sur nous est facilité par toutes ces informations que nous laissons de notre plein gré. Nous sommes Big Brother. Les réseaux sociaux comme Facebook, MySpace sont les télécrans imaginés par G.O. Nous y allons sans broncher. Go !
La sphère de la vie privée et de l’intime a tendance à se réduire à peau de chagrin. Je réalise actuellement une petite enquête sur Facebook. Je publierai prochainement un billet sur les avantages et les inconvénients de ces réseaux. Je suis étonné par une chose en postant des demandes d’amis en quantités énormes. Sur mes “350″ amis actuels, seuls une dizaine d’inconnu(e)s m’ont demandé qui j’étais. Cela en dit beaucoup sur la confiance que nous accordons à ce type de réseaux.
Un confessionnal public, en quelque sorte !
Le Forum des droits sur l’internet et la CNIL ouvrent une large consultation publique : « Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls ! » du 16 septembre 2008 au 15 janvier 2009
Allez y jetez un oeil, voire les deux…
Silence… is watching you…
Samedi 4 octobre 2008
A la suite de Xavier Galaup sur la liste de discussion discothécaires, je relaie cet appel de Fabien Eychenne de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) qui nous concerne tous…
Bonjour à tous,
Je me permets de réactiver cette liste de discussion pour vous convier à un débat public sur le « projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet ». Ce débat est organisé par nos amis de La Cantine (Espace de travail partagé, dans lequel la Fing dispose aujourd’hui de ses bureaux) et de Silicon Sentier.
Le « projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet », a été présenté en conseil des ministres le 18 juin 2008 par la ministre de la Culture, Christine Albanel. Il doit être débattu au Parlement à l’automne. Il a pour objet de mettre en place une riposte contre le téléchargement illégal et de créer un fichier national des contrevenants.
Dans ce contexte, La Cantine par Silicon Sentier en partenariat avec 11.100.34. Avocats Associés. organise un débat public, suivi d’un vote, retransmis en direct, le 16 octobre prochain à partir de 19h en présence d’experts et de grands témoins.
En attendant le jour J, sur le blog dédié http://happening-juridique.com, vous trouverez une liste non exhaustive d’arguments faisant la promotion du projet de loi et s’y opposant. Ce blog est ouvert, nous vous encourageons à donner votre avis dès aujourd’hui en postant vos commentaires.
Nous lançons également un appel à témoin sur le lien suivant :
http://www.dailymotion.com/video/x6×3nb_pour-ou-contre-le-projet-de-loi-had_news
Alors POUR ou CONTRE ? Faites entendre votre voix le 16 octobre à partir de 19h à La Cantine.
—————-
La Cantine
151 rue Montmartre au 12 du passage des Panoramas 75002 Paris
–
Attention, nouvelle adresse ! / New coordinates
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Fing – association pour la Fondation Internet Nouvelle Generation
The Next Generation Internet Fondation
Fabien Eychenne feychenne@fing.org
http://www.fing.org / http://www.internetactu.net
151 rue Montmartre – 75002 Paris
CMCI, 2 rue Henri Barbusse – 13001 Marseille
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Soutenez les actions et travaux de la Fing, adherez !
Vendredi 28 novembre 2008
Jubilations 12 : la blogoboule de lecture ou plus de 300 blogs de lecteurs !
Posted by memoire2silence under JUBILATIONS | Mots-clefs: Add new tag, blogoboule de lecture, BLOGS DE LECTEURS, club de lecteurs en bibliothèques, L'art de lire ou comment résister à l'adversité, lectures surveillées, Les bibliothèques françaises sous l'Occupation, Livres pillés, Martine Poulain, Michèle Petit, partage des lectures, univers netvibes |[4] Comments
Parfois, lors de nos rencontres de bibliothécaires ou à la pause café de notre bibliothèque, on entend sur le registre de la désolation :
- ouais, plus personne ne lit ! Ou encore : le livre c’est mort, les usagers viennent en bibliothèque pour emprunter de la musique ou des films…
Et pourtant…
Pendant ce temps…
Au cours de ses pérégrinations sur le net, une bibliothécaire de France (Oiselle) a recensé dans la blogoboule de lecture (un univers netvibes) plus de 300 blogs francophones de lecteurs passionnés.
Son univers netvibes était associé à un blog qu’elle a arrêté pour diverses raisons le 1er novembre. Ce que je regrette.
Sur un blog, un des avantages, est d’enrichir par des billets les découvertes que l’on fait, de proposer des angles, de réunir des informations qui semblent éloignées, éloignées seulement.
Un agrégateur de flux RSS (comme cet univers netvibes) est un outil fabuleux de veille, pour ne rien oublier mais ce n’est finalement qu’un amas de flux. On cherche en vain, le commentaire.
Remarquez choisir tel ou tel blog pour faire sa veille c’est déjà faire du commentaire, mais discrètement. Comme une politique documentaire qui ne ferait pas de médiation de ses collections…
Parfois, la bibliothèque se meurt d’être trop discrète !
Elle aurait besoin d’affirmer un peu plus ses choix, d’expliquer fièrement ce que l’on nomme dans notre jargon “sa politique documentaire”.
On n’a pas non plus le temps de tout lire. Le numérique apporte un plus en réunissant sur une plateforme fédératrice toutes les informations que l’on souhaite. Alors on peut picorer. Faire son marché du samedi matin. Emprunter des chemins buissonniers. Oiselle est notre Ariane dans ce dédale de blogs !
Le blog permet aussi autre chose : du coup de cœur, de l’humeur, de l’enthousiasme, des commentaires, de l’échange et du partage d’un lecteur vers d’autres lecteurs (qui peuvent être nos usagers ou pas).
En découvrant la richesse de tous ces blogs, véritables critiques passionnées, on peut avoir chaud au cœur. On peut aussi se demander pourquoi la bibliothèque n’est pas un lieu fédérateur de ces pratiques de lectures, lieu de rencontre de cette communauté de lecteurs qui aime écrire sur ce qu’elle a lu.
L’antique club de lecteurs de la bibliothèque pourrait peut-être trouver là une énergie nouvelle. La blogoboule de lecteurs pourrait être sa nouvelle appellation !
Ce qui serait important : réunir ces lecteurs qui s’expriment sur le net par l’intermédiaire d’un blog. La bibliothèque devrait accueillir ces voix sans vouloir les contraindre à un consensus mou. Pour créer du lien social. Dans ce lieu social qu’on appelle une bibliothèque…
Ces blogs ne sont-ils pas des sortes de bouteilles jetées à la mer par ces lecteurs qui attendent un contact, qui ont envie d’échanger ? Cela devrait nous interpeler, nous, les bibliothécaires ? Vous ne trouvez pas ? Certains de ces lecteurs, ce sont même réunis sur une carte de géolocalisation “Lecteurs Blogueurs Francophones” sous la direction d’une certaine Madame Charlotte.
Je suis persuadé que la lecture a encore de beaux jours devant elle, même si une certaine lecture “zapping” sur écran grignote notre temps et nos moments de rencontres avec les autres. Le lieu bibliothèque n’est pas encore assez le lieu d’échanges et de partages qu’il devrait être.
Deux ouvrages qui viennent de paraître, que je vous encourage à lire, démontrent que lors de situations dramatiques (crises existentielles personnelles, crises économiques ou guerres), le désir de lecture et sa pratique ont été renforcés voire ont permis à des personnes en difficulté à trouver une raison de ne pas désespérer.
Il s’agit de :
Livres pillés, lectures surveillées – Les bibliothèques françaises sous l’Occupation / Martine Poulain. – Paris, Gallimard, 2008.
et de
L’art de lire ou comment résister à l’adversité / Michèle Petit. – Paris, Belin, 2008.
Dans ces deux livres, plusieurs exemples montrent qu’en cas de situation désespérée, comme l’occupation allemande pour le premier opus, les gens éprouvent le besoin de lire, de retrouver le chemin des bibliothèques, de prendre du temps pour réfléchir à la situation. Martine Poulain donne des exemples de fréquentation de la BNF en hausse pendant la guerre. Quant à Michèle Petit cite un autre texte de… Martine Poulain évoquant la crise des années 30 aux Etats-Unis : “Parfois, les sans emploi demandaient à la lecture de leur permettre de se distancier du réel et de leur propre situation, ils lui demandaient de les emmener “hors du monde”. “
Si se retrouver “Hors du monde” est un des buts assigné à la lecture. Michèle Petit remarque que “ la lecture est un art qui se transmet plus qu’il ne s’enseigne “. Alors un des rôles de la bibliothèque n’est-il pas de permettre la transmission des savoirs, des connaissances ou plus modestement des émotions des lecteurs vers d’autres lecteurs ?
Tous ces blogs nous font des clins d’œil… Bibliothécaire, où es-tu ?
Silence